Antipsychotiques de seconde génération: y accéder plus rapidement?
L'usage des antipsychotiques de seconde génération et leur utilité dans la stabilisation des personnes schizophrènes ne sont plus à démontrer. Cependant, ont-ils leur place au moment d'un premier épisode ?
C'est la question posée par des chercheurs de Los Angeles dans leur étude où ils ont comparé l'efficacité clinique d'une forme injectable de longue durée d'action de la rispéridone avec la formulation orale au cours du développement précoce d'une schizophrénie.
L'étude s'est déroulée de manière randomisée entre 2005 et 2012. Durant cette période, 86 patients avec un premier épisode de schizophrénie ont été séparés en deux groupes : l'un recevant la formulation injectable, l'autre le médicament per os pendant 12 mois. Les patients d'une moitié de chaque groupe ont été randomisés pour bénéficier d'un soutien cognitif afin d'améliorer leur fonction cognitive. L'autre moitié a reçu des conseils de comportement sain afin d'améliorer leur bien-être. L'analyse ITT a été réalisée entre 2012 et 2014. L'objectif principal était de mesurer le taux de récidive et le contrôle de la symptomatologie psychotique.
Sur les 86 patients randomisés, 3 ont refusé de recevoir le traitement par injection. Globalement, les exacerbations psychotiques ou les épisodes de récidives ont été moins importants dans le groupe recevant le traitement à longue durée d'action que dans l'autre groupe : 5% versus 33%, soit une réduction du risque relatif de 84,7%. Par ailleurs, le traitement injectable a permis également de mieux contrôler le taux moyen d'hallucinations et de délires.
Cependant, la prise en charge par remédiation cognitive n'a pas modifié fondamentalement le taux de récidives, le contrôle de la symptomatologie ou le taux d'hospitalisation par rapport à la prise en charge minimaliste. Il n'y a pas eu non plus d'interactions entre les 2 types de traitements médicamenteux et les prises en charge psychosociales.
Enfin, les arrêts de traitement en raison d'un manque d'efficacité ont été plus importants dans le groupe ayant reçu le traitement oral que dans l'autre groupe. L'adhérence au traitement par rispéridone au départ ne différait pas d'un groupe à l'autre mais elle était, de fait, plus importante dans le groupe avec le traitement à longue durée d'action.
Il semble donc bien que les antipsychotiques de seconde génération à longue durée d'action, à tout le moins la rispéridone, puissent être utilisés de manière sûre après un premier épisode de schizophrénie et montrent une très bonne efficacité. Les auteurs estiment que cette possibilité devrait être offerte aux patients en première intention.