10.000 trajets de réintégration de malades de longue durée

La ministre des Affaires sociales et de la Santé Maggie De Block a pour objectif d'atteindre 10.000 trajets de réintégration au travail de malades de longue durée en 2016, année au cours de laquelle un projet qu'elle pilote en la matière est censé arriver en vitesse de croisière. La ministre mise même sur 14.000 trajets en 2018, a-t-elle indiqué vendredi au cours d'une visite à l'usine de Volvo à Gand, à la pointe en matière d'aménagement ergonomique des postes de travail.
Le projet-pilote vise à la mise en place d'un trajet de réintégration par le médecin conseil qui, en cas d'avancée, peut échanger des données médicales sécurisées du patient avec le médecin du travail compétent pour son lieu d'occupation. En fonction des informations échangées, les deux parties peuvent convenir, avec le patient et l'employeur, d'un trajet de réintégration adapté aux possibilités de l'entreprise et aux souhaits de la personne malade. Si sa réintégration dans l'entreprise n'est pas possible, d'autres possibilités sont examinées dans le secteur et si elles ne débouchent sur rien, l'intéressé peut réorienter sa carrière avec le soutien de l'INAMI et des organismes régionaux de placement.
La ministre justifie l'intérêt d'un tel projet en soulignant qu'"un emploi contribue au sentiment d'amour-propre d'une personne et parce qu'un salaire est préférable à une simple allocation".
Le trajet pilote trouve sa source dans l'accord de gouvernement et dans une loi-programme de décembre 2014. La loi n'oblige pas l'intéressé à suivre un tel parcours.
Mme De Block a mis en lumière son projet en visitant Volvo Cars qui mène à Gand une "politique active" en matière de prévention et de travail adapté, tant pour les personnes en incapacité de travail temporaire que pour les victimes d'accidents du travail.
Les causes d'incapacité de travail peuvent être multiples et d'origine physique ou psychique. L'an dernier, 12.179 femmes ont été déclarées inaptes au travail à la suite d'une affection psychique telle que le burn-out ou la dépression, bien plus que les hommes (7.454), pourtant plus nombreux sur le marché du travail. Interrogé par la VRT-Radio, le psychiatre Koen Demyttenaere, qui a révélé ces chiffres, observe que "la combinaison travail famille constitue une charge plus lourde pour les femmes que pour les hommes".
Chaque année, le nombre de gens frappés par une incapacité de longue durée au travail augmente. Ceux-ci sont absents pour une période de plus d'un an. On comptait 58.000 travailleurs dans ce cas l'année dernière, 34.054 femmes et 24.749 hommes.
Les organisations syndicales s'attendent à ce que ces chiffres augmentent encore avec les réformes du gouvernement visant à rallonger les carrières.