Vaporisation photosélective de la prostate et rétention urinaire
Une étude apporte quelques éléments intéressants dans l'évaluation de la technique de vaporisation photosélective de la prostate pour traiter des complications de rétention urinaire, liées à l'HBP. Elle permet également d'identifier deux facteurs prédictifs d'échec thérapeutique avec cette intervention.
Le but de l'étude était d'évaluer l'efficacité de la technique de vaporisation photosélective de la prostate et de tenter de cerner les facteurs prédictifs des échecs thérapeutiques chez les patients présentant une rétention urinaire réfractaire au traitement. Sur une période de 8 ans, tous les patients présentant une rétention urinaire qui avaient bénéficié de la mise en place d'une sonde urinaire, avant d'être traités vaporisation photosélective de la prostate ont été inclus dans cette étude. Le principal critère d'évaluation de l'étude était le nombre de patients qui pouvait se passer d'une sonde à demeure, 3 mois après l'intervention. Des analyses uni- et multivariables ont, par ailleurs, été réalisées en vue d'identifier les éventuels facteurs prédictifs d'échec thérapeutique.
Résultats très positifs à trois mois
Un total de 152 patients avait été retenu pour l'analyse finale de l'étude. Le pourcentage de patients qui pouvaient se passer d'une sonde à demeure trois mois après l'intervention était de 91.5%. Deux facteurs prédictifs d'un échec thérapeutique à 3 mois ont été identifiés par l'analyse multivariables. Un plus petit volume de la prostate à l'échographie réalisée en cours d'intervention, ainsi qu'un plus grand volume initial de la rétention urinaire. Ces paramètres possèdent une valeur prédictive statistiquement significative (OR=0.91 ; p=0.008 et OR=1.03 ; p=0.003, respectivement). Une nouvelle cathétérisation précoce - endéans les 7 jours suivant l'intervention - s'est avérée nécessaire chez 42 patients (27.6%). Au cours de cette période postopératoire précoce, seule la présence d'un plus petit volume prostatique lors de l'échographie peropératoire a pu être retenu comme facteur prédictif d'échec thérapeutique (OR=0.97 ; p=0.01) lors de l'analyse multivariables.
Conclusions utiles pour la pratique clinique
Dans cette étude, un traitement pour rétention urinaire par une technique de vaporisation photosélective de la prostate a échoué chez près d'un tiers des patients ainsi traités lors de la première tentative de retrait de la sonde urinaire. Par contre, 91.5% de ces patients peuvent se passer d'une sonde à demeure trois mois après l'intervention. La mise en évidence d'un plus petit volume prostatique lors de l'échographie peropératoire et un volume de rétention initial plus important constituent des facteurs prédictifs d'échec thérapeutique d'un traitement par vaporisation photosélective de la prostate chez des patients avec une sonde urinaire à demeure mise en place en préopératoire.