Syndrome de Lynch et cancers urologiques
Une équipe de chercheurs texans s'est intéressée au syndrome de Lynch, en tant que cause de cancers urologiques. Elle a pu constater que ce phénomène était généralement trop peu connu et qu'aucune stratégie de dépistage n'avait été élaborée que ce soit au niveau du meilleur test à utiliser ou de la fréquence de dépistage. Une sensibilisation des urologues devrait, selon eux, s'envisager. Des recommandations sont proposées...
Le syndrome de Lynch ou cancer colorectal héréditaire sans polypose est une maladie génétique assez commune. Ce qui est moins connu, c'est que les patients qui présentent un tel syndrome ont une prédisposition à développer des cancers urologiques, en particulier des carcinomes urothéliaux de la partie proximale du tractus urinaire.
Aucune étude randomisée ou prospective
En analysant la littérature scientifique disponible, l'équipe du réputé centre MD Anderson (Université du Texas) a constaté qu'aucune étude randomisée ou prospective n'avait été réalisée pour évaluer le syndrome de Lynch dans un contexte de cancers urologiques. Toutes les données connues se basent sur des études rétrospectives.
Physiopathologie de l'affection
Le syndrome de Lynch est une maladie génétique autosomique dominante liée à des mutations germinales de 4 gènes de réparation des anomalies d'appariement des acides nucléiques (gènes MMR ou 'mismatch repair genes'). Ces mutations donnent lieu à une accumulation d'erreurs dans l'ADN, surtout dans des régions de séquences microsatellites. Jusqu'à 28% des patients présentant un syndrome de Lynch développeront des carcinomes urothéliaux.
Diagnostic pour l'urologue
Le diagnostic est basé sur des critères cliniques, une analyse du tissu tumoral et une évaluation génétique. Les urologues devraient évoquer un syndrome de Lynch chez les patients présentant un carcinome du tractus urinaire proximal avant l'âge de 60 ans, qui obéissent à la loi du 3-2-1 (Trois personnes dans la famille qui présentent un cancer colorectal confirmé, dont l'un est lié au premier degré à un autre, après exclusion d'une polypose adénomateuse familiale - Deux générations successives impliquées - au moins un de ces cancers s'est développé avant l'âge de 50 ans).
Dépistage difficile
Le dépistage d'un cancer urologique chez les patients avec syndrome de Lynch n'est pas évident à mettre en oeuvre étant donné qu'il n'existe pas de test simple spécifique. Une analyse de routine des urines est conseillée par l'AUA, suivie d'une analyse plus spécifique en présence de 3 globules rouges par champ. On retiendra que les cancers urothéliaux proximaux associés à la maladie de Lynch s'observent chez des patients plus jeunes par rapport aux formes sporadiques de ce type de cancer. Les femmes sont plus fréquemment atteintes, la situation de prédilection est l'uretère et une prédisposition à développer des formes bilatérales a été évoquée.