Le diabète gestationnel : accorder plus d'attention à l'alimentation
Compte tenu du nombre croissant de femmes jeunes présentant une surcharge pondérale, on observe aussi une augmentation du nombre de femmes qui développent un diabète gestationnel. Cette affection, qui touche entre 1 et 14 % de la totalité des femmes enceintes, survient le plus souvent au cours de la deuxième moitié de la grossesse. La prévention possible d'une telle évolution par le biais d'une alimentation saine et/ou d'exercice physique reste encore à prouver.
Des femmes enceintes présentant un IMC ≥ 29 kg/m2 et un risque de diabète gestationnel, originaires de neuf pays européens, ont été invitées à passer un test oral de tolérance au glucose (OGTT) avant la semaine 20 de la grossesse. Les femmes qui ne souffraient pas de diabète gestationnel à ce stade ont été randomisées pour suivre un programme d'alimentation saine ou pratiquer de l'exercice physique, ou les deux à la fois. Dans ce cadre, elles ont été invitées à un entretien à cinq reprises, et un coaching par téléphone leur a été proposé à quatre reprises. L'objectif était de prendre moins de cinq kilos de poids corporel. Dans un premier temps, les chercheurs ont examiné la prise de poids, la glycémie à jeun et la sensibilité à l'insuline à la 35e-37e semaine de grossesse.
L'alimentation seule
Sur les 150 participantes, 32 % ont développé un diabète gestationnel à la 35e-37e semaine de grossesse. Seulement 20 % de femmes ont pris moins de 5 kg. À la 24e-28e semaine, les femmes randomisées pour l'alimentation saine uniquement présentaient une prise de poids significativement inférieure (-2,6 kg) et une glycémie à jeun significativement plus basse (-0,3 mmol/l) que celles qui pratiquaient uniquement de l'exercice physique. La sensibilité à l'insuline était comparable. Aucune différence significative n'a été observée entre le groupe qui s'alimentait sainement et pratiquait également de l'exercice physique, et les deux autres groupes, à savoir les femmes dont l'alimentation seulement était surveillée d'une part, et d'autre part celles uniquement attentives à l'exercice physique.
Même si ce résultat doit encore être confirmé dans le cadre d'une étude de plus grande envergure, les auteurs soulignent que des interventions précoces en faveur d'une alimentation saine s'imposent chez les femmes enceintes obèses.
Diagnostic de MODY2
Dans le même numéro de Diabetes Care, un article publié en ligne un jour plus tôt mettait en avant le diagnostic différentiel de diabète gestationnel et de MODY2 (Maturity-Onset Diabetes of the Youth causé par une mutation du gène de la glucokinase) chez les femmes enceintes. Le traitement n'est en effet pas le même. 63/776 femmes ont présenté un OGTT postpartum suggérant la présence d'un MODY2. Parmi ces dernières, 31 ont consenti à subir un test génétique. Chez quatre d'entre elles, un MODY2 a été confirmé (prévalence de 0,5 -1/100 femmes atteintes de diabète gestationnel). Quant au taux d'HbA1c antepartum, il n'était pas augmenté chez ces femmes.