Impact de l'insuffisance rénale sur la testostérone chez les diabétiques de type 2
Chez un tiers des hommes atteints d'un diabète de type 2, les taux de testostérone sont inférieurs à la normale, tandis que les taux de gonadotrophine (LH et FSH) ne sont pas augmentés, mais normaux. L'hypothèse proposée par les auteurs était que les taux de testostérone libre étaient plus faibles chez les diabétiques de type 2 atteints d'insuffisance rénale chronique (eGFR <60 ml/min/1,73 m2). Qu'en est-il des gonadotrophines ?
Une analyse rétrospective a été réalisée, incluant des patients américains qui se sont présentés en consultation dans une clinique spécialisée en diabète et maladies rénales. Les taux de testostérone et de gonadotrophines de 111 hommes atteints d'un diabète de type 2 et d'insuffisance rénale chronique (stade 3 à 5) ont été comparés à ceux de 182 diabétiques de type 2 ayant une fonction rénale normale (eGFR ≥60 ml/min/1,73 m2).
Hyper- versus hypogonadotrope
La prévalence de taux de testostérone libre inférieurs aux valeurs normales était significativement plus élevée chez les diabétiques de type 2 atteints d'une insuffisance rénale chronique que chez les diabétiques de type 2 ayant une fonction rénale normale : 66 % contre 37 % (p< 0,001). Seule la prévalence d'hypogonadisme hypergonadotrope était plus élevée chez les hommes souffrant d'insuffisance rénale chronique (26 % versus 5 %, p<0,001) ; cette observation ne s'appliquait pas à l'hypogonadisme hypogonadotrope. En d'autres termes, les diabétiques de type 2 présentant de faibles taux de testostérone et une insuffisance rénale avaient plus souvent des taux élevés de LH et de FSH.
De plus, la prévalence de l'hypogonadisme hypergonadotrope augmentait encore avec l'aggravation de l'insuffisance rénale. Par exemple, en cas d'insuffisance rénale de stade 5, l'hypogonadisme était hypergonadotrope chez 52 % des patients vs hypogonadotrope chez 25 % d'entre eux.
Parallèlement aux faibles taux de testostérone libre chez les hommes souffrant d'insuffisance rénale chronique, les taux d'hémoglobine étaient eux aussi plus faibles (par rapport aux hommes présentant un taux normal de testostérone libre) (119 ± 19 contre 128 ± 19 g/l ; p=0,04).
En conclusion
Sur la base de leur étude, les auteurs concluent que deux tiers des hommes diabétiques de type 2 atteints d'insuffisance rénale chronique ont des taux de testostérone libre inférieurs aux valeurs normales. Toutefois, la fonction gonadique insuffisante chez ces patients est essentiellement de type hypergonadotrope.