Un nouvel avatar du tabagisme passif
Les inconvénients du tabagisme passif sur la santé respiratoire des personnes qui y sont exposées sont bien connus, mais il y a plus encore. Une étude canadienne accuse le tabagisme passif d'être un des facteurs en cause dans l'épidémie d'obésité juvénile.
De par le monde, quelque 40% d'enfants sont exposés à de la fumée secondaire à la maison. Or une étude menée à l'Université de Montréal montre qu'à l'âge de 10 ans, les enfants qui ont été exposés à la fumée de manière intermittente ou continue risquent respectivement d'avoir un tour de taille jusqu'à 0,93 à 1,56 centimètre plus large que la moyenne et un indice de poids corporel plus élevé de 0,48 à 0,81 kg/m2.
Si à première vue ces différences ne semblent pas très importantes, il importe de rappeler qu'elles surviennent à une période critique du développement de l'enfant appelée le " rebond d'adiposité" et que toute prise de poids à cette période est susceptible d'avoir de sérieux effets à long terme.
Par ailleurs il n'est pas inutile de souligner que ces estimations sont sans doute inférieures à la vérité "car les parents éprouvent une certaine gêne à déclarer leur vraie consommation de tabac" déclare Linda Pagani qui a dirigé l'étude en question.
Les résultats sont basés sur les données de l'étude longitudinale du développement des enfants au Québec, recueillies auprès des parents et des enseignants et portant sur le développement, le bien-être, le mode de vie, le milieu social et le comportement. Au total les comportements de 2.055 familles et leurs éventuels retentissements sur les enfants ont été analysés.
Le design de l'étude ne permet pas d'affirmer la relation de cause à effet, mais divers arguments avancés par les investigateurs (notamment le risque d'altérations du développement fonctionnel de l'hypothalamus et les divers déséquilibres endocriniens qui peuvent en résulter) confortent en tout cas l'idée que le tabagisme passif est à éviter le plus possible pour les enfants.
Recyclons les cendriers !