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Cancer du poumon non à petites cellules de stade I

Quelle est la meilleure option lorsque la résection lobaire radicale qui est le standard de traitement, ne peut être proposée ou est refusée par le patient? Eléments de réflexion à partir de l'expérience d'une équipe multidisciplinaire allemande.

Dr Jean-Claude Lemaire - 13 juillet 2015

Le traitement optimal à proposer en cas de cancer du poumon non à petites cellules du poumon de stade I aux patients dont la forme physique est insuffisante pour qu'une lobectomie radicale soit mise en oeuvre ou qui refusent cette intervention, n'est pas défini. A ce type de patients qui peuvent représenter jusqu'à 25% de la population globale concernée, trois options peuvent être proposées, une intervention chirurgicale a minima consistant en une résection sub-lobaire (RSL), une approche interventionnelle avec ablation par radiofréquence (ARF) ou encore une radiothérapie (RT).

Une équipe allemande a revu les dossiers des 116 patients ayant un cancer du poumon non à petites cellules du poumon de stade I histologiquement confirmé qui avaient été traités par l'une de ces trois modalités entre 2009 et 2013. Le critère principal d'évaluation était le délai avant récurrence de la lésion primaire, la survie globale et la survie sans maladie étant des critères secondaires.

Dans ce travail, 49 patients ont été traités par RT, une RSL a été réalisée chez 42 patients et une ARF chez 25.
Globalement, les patients chez lesquels une RSL a été réalisée étaient plus jeunes et en meilleure forme physique et les patients traités par RT présentaient des lésions plus étendues. Ces facteurs confondants ont été pris en compte pour ajuster les résultats.

Les résultats indiquent que le type de traitement mis en oeuvre a une influence sur le délai avant récurrence de la lésion primaire, mais cette différence ne se concrétise pas par des différences significatives de survie globale ni de survie sans maladie.

L'option qui donne les délais avant récurrence de la lésion primaire les plus longs est la RSL, le rapport des risques relatifs (HR) étant de 2,73 par rapport à la RT et de 7,57 par rapport à l'ARF.

Avant de conclure quoi que ce soit, il importe de souligner que les intervalles de confiance à 95% sont extrêmement vastes dans les deux cas, soit 0,72 à 10,27 pour la comparaison RSL versus RT (avec inclusion de l'unité dans l'intervalle, ce qui indique un résultat non significatif) et 1,94 à 29,47 versus ARF.

Il ne peut donc s'agir au mieux que d'une suggestion de supériorité du contrôle tumoral primaire sans bénéfice de survie avec la RSL. A quand des essais randomisés prospectifs pour lever les incertitudes?

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