À propos de la relation entre la rétinopathie diabétique et les apnées du sommeil
Les diabétiques de type 2 présentent souvent un taux d'oxygène trop faible dans le sang, suite à un syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS). Récemment, on a émis l'hypothèse que cette hypoxémie et le SAOS sont associés à la rétinopathie diabétique. Les auteurs ont recherché cette relation dans une revue systématique de la littérature.
Les auteurs, essentiellement britanniques, ont également examiné les effets de l'index de désaturation en oxygène, de la saturation moyenne et minimale en oxygène et du temps pendant lequel la saturation en oxygène était inférieure à 90 % sur la rétinopathie et la maculopathie diabétiques.
Pas de preuves convaincantes
À l'aide de MEDLINE, d'EMBASE et de la Cochrane Database of Systematic Reviews, les auteurs ont identifié une étude de cohorte et 15 études transversales en vue d'une revue descriptive, et trois études en vue d'une méta-analyse.
Ils n'ont pas trouvé de preuves convaincantes en faveur d'une relation entre un SAOS et une rétinopathie diabétique, en dépit d'éléments suggérant que le SAOS était associé à une forme plus sévère de rétinopathie diabétique et à une rétinopathie diabétique plus avancée chez les diabétiques de type 2.
Seules six études ont examiné l'impact du SAOS sur la maculopathie diabétique et, ici aussi, la revue descriptive suggère une relation possible chez les diabétiques de type 2.
Saturation minimale en oxygène
L'index de désaturation en oxygène, la saturation moyenne et minimale en oxygène et le temps pendant lequel la saturation en oxygène était inférieure à 90 % n'étaient pas associés à la rétinopathie diabétique, et les preuves sont insuffisantes pour conclure à l'existence d'une influence sur la maculopathie diabétique. Néanmoins, tant la revue descriptive que la méta-analyse ont indiqué que la saturation minimale en oxygène a bel et bien une influence sur la rétinopathie diabétique (pooled OR 0,91 ; intervalle de confiance à 95 % 0,87-0,95).
Seules des études portant sur une cohorte plus vaste et à plus long terme pourront juger des effets à long terme du SAOS et d'autres variables liées au sommeil sur les anomalies rétiniennes chez les diabétiques.