Schizophrénie: quid des antipsychotiques chez les jeunes ?
Les antipsychotiques sont utilisés de plus en plus chez les jeunes, mais on en sait peu sur le niveau réel de leur participation. Des chercheurs ont mené une étude rétrospective sur le sujet, accessible gratuitement.
Ces chercheurs se sont focalisés principalement sur le sexe et l'âge des patients traités. L'évaluation de l'utilisation des antipsychotiques s'est basée sur une analyse rétrospective des prescriptions chez des patients âgés de 1 à 24 ans durant les années 2006 (n=765.829), 2008 (n=858.216) et 2010 (n= 851.874). En 2009, ils ont pu recueillir les données seulement pour un sous-groupe. Par ailleurs, les auteurs préviennent que leurs données ne recouvrent probablement que 60% de toutes les ventes en pharmacies. Ils ont stratifié les patients ayant reçu au moins un antipsychotique durant l'étude en fonction de leur âge : 1 à 6 ans, 7 à 12 ans, 13 à 18 ans et 19 à 24 ans.
Les résultats montrent que le pourcentage de jeunes ayant reçu des antipsychotiques entre 2006 et 2010 était respectivement, par groupe d'âge, de 0,14% et 0,11%, de 0,85% et 0,80% puis de 1,1% et 1,19% et enfin de 0,69 et 0,84%. L'accroissement semble donc patent pour les plus âgés alors que la tendance est à la baisse pour les deux groupes les plus jeunes. Les garçons ont plus souvent tendance à être traités par ces médicaments, surtout durant l'adolescence et par la suite. On totalise en effet 1,42% chez les garçons de 13 à 18 ans contre 0,95% chez les filles.
Parmi les enfants, jusque 12 ans, les antipsychotiques étaient moins souvent prescrits par un psychiatre que dans les autres groupes : 59% vs 70,4-77,9%. Environ 30% des enfants traités par antipsychotiques ont reçu une prescription ou plus par un pédopsychiatre. En 2009, la première raison de la prescription d'un antipsychotique était un trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité : 52,5% chez les 1-4 ans, 60,1% pour les 7-12 ans et 34,9% pour les ados. En revanche, chez les plus âgés, c'est la dépression qui vient en tête avec 34,5%.
Il semble donc qu'outre la tendance en fonction de l'âge, la prescription d'antipsychotiques concerne plutôt la prise en charge des comportements impulsifs, voire agressifs que les symptômes psychotiques.