Alzheimer précoce: image et marqueur
La maladie d'Alzheimer autosomique dominante (ADAD, autosomal-dominant Alzheimer's disease) est mieux connue. Des chercheurs américains ont voulu mieux la caractériser en déterminant les marqueurs précoces ainsi que les conséquences précoces sur les structures cérébrales...
L'ADAD est aujourd'hui considérée comme une séquence d'évènements physiologiques débutant dans les phases précliniques et devenant de plus en plus sévères. L'objectif des auteurs est de mettre au point un système permettant d'identifier les individus asymptomatiques, mais présentant déjà une amyloïdose cérébrale et des signes de neurodégénération précoce. Pratiquement, 100% des porteurs de la mutation développeront la maladie à un stade précoce, généralement entre 30 et 50 ans.
L'intérêt de cette étude réside donc surtout dans les renseignements qu'elle fournit sur la maladie d'Alzheimer classique, car elles présentent beaucoup de points en commun, mais aussi quelques différences.
Les chercheurs ont réalisé une étude croisée sur 18 porteurs de la mutation et sur 19 non-porteurs âgés de 9 à 17 ans. Les participants ont subi une IRM et une mesure de leur taux plasmatique de Bêta-amyloïde (AB).
Tout comme chez les adultes atteints d'ADAD, les enfants mutés présentent un taux plasmatique d'AB significativement plus important que les enfants non-atteints : 18,8 pg/mL versus 13,1 pg/mL pour l'AB-42, par exemple. De la même manière, il est apparu à l'imagerie que les tâches mémorielles sont moins bien réalisées. Les chercheurs ont remarqué une augmentation de la matière grise aux niveaux pariétal et frontal, ce qui est compatible avec les anomalies retrouvées chez des enfants porteurs de la mutation APO-E4. Ceci tendrait donc à prouver que les mécanismes sont les mêmes chez les porteurs de la mutation conduisant à l'ADAD et de la mutation APO-E4.
Néanmoins, chez ces enfants, ils n'ont pas retrouvé de diminution importante du volume cérébral. De la même manière les chercheurs n'ont pas pu mettre en évidence la présence d'une diminution du fonctionnement intellectuel entre les porteurs et les non-porteurs de la mutation. Cependant, il ne s'agissait que d'un test relativement simple. Ils réclament une étude plus importante où les différents aspects cognitifs pourraient être évalués.