Une veste connectée pour surveiller le coeur des patients à risque
Mise au point par la société allemande ZOLL Medical Corporation, la Life Vest, un gilet connecté, est bien plus qu'un gadget. Dédié aux personnes ayant eu un infarctus, avant ou après un pontage coronarien ou une pose de stent, mais aussi recommandé aux patients chez qui le risque de tachycardie ou de fibrillation ventriculaire est extrêmement important, en particulier pendant des périodes critiques, lorsque le système de défibrillation implantable a été retiré pour cause d'infection ou lors de l'attente d'une transplantation cardiaque, ce harnais surveille en temps réel la santé cardiaque des porteurs et il peut même peut les réanimer en cas d'arrêt cardiaque. Un " ange gardien " en quelque sorte.
Fait de bretelles, porté autour de la poitrine, léger (environ 200 grammes), ce dispositif est bardé de capteurs et d'électrodes. Quatre d'entre elles enregistrent en permanence les battements cardiaques de personnes ayant déjà connu un ou plusieurs accidents cardiaques, et possédant un fort risque de recommencer. Toutes les données cardiaques du patient sont transmises via Internet à son cardiologue par le biais d'un mini-ordinateur portable, fixé à la ceinture.
En cas de problème, l'appareil se met à vibrer, sonner et parler afin d'alerter le patient et son entourage. Et si le patient est inconscient suite à une attaque cardiaque, trois patchs de défibrillation délivrent un gel visant à protéger la peau, et une décharge électrique, pouvant être répétée jusqu'à cinq fois, lui est administrée de manière à rétablir un rythme cardiaque normal et à le réanimer.
L'objectif de ces bretelles connectées est de permettre d'améliorer le taux de survie des arrêts cardiaques survenant en dehors du milieu hospitalier, qui est actuellement de 5%. Car si les défibrillateurs automatisés externes mis à la disposition du public sont de plus en plus nombreux, leur efficacité est loin d'être optimisée. Par contre, la fiabilité de la Life Vest est estimée à 98%, ce qui est extrêmement satisfaisant.
L'appareil peut néanmoins parfois présenter des dysfonctionnements et des effets indésirables comme des chocs inappropriés, notamment à cause d'erreurs du signal provenant des électrodes.
Quoiqu'il en soit, ce défibrillateur portable est apprécié par les patients qui le testent actuellement. Ils se disent plus sereins, moins stressés, rassurés et ravis de pouvoir mener une vie la plus normale possible.
Enfin, si le coût du gilet protecteur n'est pas négligeable - 3.180 euros par mois de location - en France ce nouvel outil, qui équipe une dizaine de patients, est remboursé par la sécurité sociale depuis le mois de mars dernier, moyennant le respect d'un certain nombre de conditions assez strictes. De quoi avoir en effet le coeur un peu plus léger...