Polyarthrite rhumatoïde: une alternative aux corticoïdes?
Les DAGRs débarquent, entendez par là les Dissociated Agonists of the Glucocorticoïd Receptors. Ils sont aujourd'hui en phase II avec des résultats très prometteurs en matière d'efficacité mais aussi de tolérance.
Les corticoïdes sont un des piliers du traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR) avec près de trois quarts des patients qui en prennent régulièrement en association avec un DMARD. Cette prise de corticoïdes n'est pas anodine; elle s'accompagne de risques iatrogènes importants, parmi lesquels on peut citer le risque infectieux, l'ostéoporose, le glaucome, etc. Pour tenter de limiter ce risque, plusieurs études ont évalué l'efficacité d'une réduction des doses pour arriver à la conclusion qu'il ne fallait pas dépasser la dose de 8 mg/j. Mais aujourd'hui une alternative arrive...
Une nouvelle classe
Le premier représentant de la classe des DAGRs est le PF-04171327. Il a été testé1 chez 323 patients avec une PR active, traités par méthotrexate. Les patients étaient randomisés pour recevoir le DAGR à différentes doses (1, 5, 10, 15 mg) ou la prednisone 5 mg, ou un placebo. A 8 semaines, sur base de la réponse ACR20, le DAGR 10 et 15 mg est supérieur au placebo et le DAGR 15 mg est non inférieur à la prednisone 10 mg. Les réponses ACR2 , 50 et 70 sont respectivement de 68, 45 et 21% sous DAGR 15 mg vs 72, 48 et 26 sous prednisone 10 mg et 38, 14, 11% sous placebo. On note une diminution parallèle des taux d'HbA1c et une absence d'inhibition de l'axe hypothalamo-hypophysaire. La tolérance est jugée excellente sans effet secondaire majeur. Cette étude révèle pour la première fois une alternative aux corticoïdes dans un contexte de bonne tolérance.
https://b-com.mci-group.com/Abstract/Statistics/AbstractStatisticsViewPage.aspx?AbstractID=256786