Addiction : vers une amélioration des interventions...
Avec 20% de la population américaine affectée par des abus de drogues et des troubles mentaux, on comprend que la question de l'amélioration de la prise en charge de ces patients préoccupe les autorités.
L'Institute of Medicine (IOM) vient de publier un nouveau rapport à ce sujet. C'est d'autant plus important que l'IOM estime que ces troubles représentent 7,4% en nombre d'années de vie corrigée du facteur d'invalidité (AVCI en français ou DALY en anglais), les plaçant ainsi au premier plan en termes d'années perdues en raison d'un handicap.
Ces troubles s'accompagnent aussi de comorbidités médicales très invalidantes et coûteuses tant pour les personnes qui en souffrent et leur famille que pour la société tout entière. Or l'IOM constate que selon le National Comorbidity Survey Replication, seuls 32,7% des patients reçoivent le traitement minimal nécessaire. Il est donc urgent d'agir.
Selon les auteurs de l'éditorial paru dans le JAMA, le contexte légal existe pour délivrer un soutien psychosocial suffisant. Cependant, constatent-ils, en l'absence de standards de soins, les individus dans le besoin ne reçoivent pas les soins appropriés. Ils proposent pour cela de développer des études permettant de définir quelles sont les mesures d'intervention psychosociale les plus efficaces et les plus efficientes. A partir de là, il sera plus aisé de définir les interventions-clés. La recherche est une fois de plus nécessaire afin de déterminer quelles sont les séquences, les propriétés et les mécanismes d'action de ces interventions. Pour les auteurs, ce travail est indispensable afin que ces interventions rencontrent au mieux les besoins des patients. Ceci permettra de déterminer des recommandations cliniques concernant spécifiquement ces interventions psychosociales. Aujourd'hui, rien ne semble exister à ce niveau. Il sera alors possible de mettre en place des mesures qualitatives d'intervention utiles pour la pratique quotidienne et ainsi de mettre en oeuvre des formations spécifiques.
Cette démarche n'a en soi rien d'original puisqu'elle est appliquée depuis longtemps dans tous les domaines scientifiques. La question qui demeure est de savoir pourquoi, alors que certaines interventions psychosociales sont jugées comme efficaces, ces études ne semblent pas avoir été mises en place...