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La France a le cou fragile

Il ne s'agit pas de tous les Français, mais principalement des joueurs de rugby. Les rapports concernant les commotions cérébrales des joueurs de football américain sont habituels. En revanche, en Europe, ce type d'études est moins fréquente. L'originalité de la recherche française est d'être, selon les auteurs, la plus importante en termes de nombre d'individus impliqués.

Pierre Dewaele - 27 juillet 2015

Ces chercheurs ont comparé les symptômes liés aux lésions du rachis cervical des anciens de joueurs de rugby professionnel à ceux de la population générale du même âge. Les populations étudiées étaient de 101 individus pour la première catégorie (âge moyen 40,3 ans) et de 85 pour les volontaires (âge moyen : 41,6 ans). Parmi les participants, un échantillon de 25 anciens joueurs et de 25 témoins ont subi un examen par résonance magnétique.

Les plaintes de douleurs chroniques et de perte de mobilité au niveau du cou ont été plus souvent rapportées par les anciens joueurs (50,5%) que chez les témoins (31,8%). Toutefois, lorsque ces symptômes sont évalués en utilisant une échelle analogique spécifique, il n'y a pas de différence significative en terme de niveaux de douleurs.

Les examens en IRM ont révélé cependant que les anciens joueurs présentaient des canaux vertébraux rétrécis et une sténose plus importante du foramen ovale que les témoins. Sans surprise, la masse musculaire est également plus importante chez les anciens joueurs que chez les autres. Cependant, pour les chercheurs, c'est peut-être là où il faut rechercher l'explication d'un niveau de douleurs moindre proportionnellement aux lésions que chez les témoins. La musculature soutiendrait mieux la colonne cervicale.

Par ailleurs, les anciens joueurs ont dû subir plus souvent une intervention chirurgicale à ce niveau que les témoins : 9,9% vs 0% ! Dans 9 cas sur les 10, la chirurgie a été réalisée durant la carrière du joueur et ceux-ci ont continué à jouer par la suite. Cela indique donc que la chirurgie n'est pas une contre-indication à la poursuite d'une carrière professionnelle. Enfin, si les lésions sont plus présentes, elles ne semblent pas être très handicapantes. Ces résultats sont donc rassurants. Il serait intéressant de les comparer à d'autres études réalisées dans le même contexte pour d'autres sports de contact.

http://thejns.org/doi/full/10.3171/2015.1.SPINE14594

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