Néphropathie diabétique : nouvelle lignée cellulaire pour le tubule proximal
L'incidence de diabète de type 2 augmente avec une rapidité fulgurante à travers le monde. Il est donc essentiel de comprendre le mécanisme sous-jacent à l'origine de complications telles que la néphropathie diabétique. Le but ultime consiste à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.
Le numéro d'août de la revue Nephrology Dialysis Transplantation est une édition spéciale consacrée au développement de néphropathies chroniques précoces chez les patients présentant un diabète sucré. Plusieurs spécialistes européens abordent notamment des sujets tels que l'épidémiologie et le statut clinique, mais aussi les marqueurs moléculaires et les facteurs prédictifs de la néphropathie chez les diabétiques.
Atteinte du tubule proximal
La néphropathie diabétique se caractérise par une glomérulosclérose, une fibrose tubulo-interstitielle et une atrophie tubulaire. La composante tubulaire de la maladie influence de façon déterminante la progression de la maladie rénale. Plusieurs lignées cellulaires de cellules tubulaires proximales ont été utilisées dans le but d'étudier le mécanisme de la néphropathie diabétique. Les états extracellulaires qui causent une atteinte au tubule proximal dans la néphropathie diabétique sont l'hyperglycémie, la protéinurie, l'hypoxie et l'inflammation. Selon les connaissances actuelles, ces états résultent de modifications dans les signaux du TGF-bêta (facteur de croissance transformant/Transforming Growth Factor) et dans le système rénine-angiotensine. De même, les dérèglements touchant différentes voies de signalisation, dont la voie de signalisation des polyols, celle de l'hexosamine et celle de la protéine kinase C, ainsi que la formation de produits terminaux de glycation avancée (AGE, ou Advanced Glycation End Products), interviennent également.
La dédifférenciation consiste toutefois en une limitation de tous les modèles de culture cellulaire existants.
Un autre modèle de lignée cellulaire
Les chercheurs sont donc partis à la recherche d'un autre modèle, plus approprié, pour cerner le mécanisme de la néphropathie diabétique.
La ligne cellulaire RPTEC/TERT1constitue une alternative prometteuse aux lignées cellulaires antérieures de cellules épithéliales du tubule proximal. Pourquoi ? Cette lignée cellulaire ressemble au type cellulaire in vivo et présente des caractéristiques épithéliales comparables : maintien des capacités fonctionnelles, transformation du glucose, expression des cils vibratiles primaires et transport de l'albumine. Cette lignée facilitera l'identification du mécanisme de la néphropathie diabétique et permettra ainsi d'identifier éventuellement de nouvelles cibles thérapeutiques.
Entre les années 2012 et 2025, la prévalence de l'insuffisance rénale chronique de stade terminal devrait augmenter de 3,2% par an, et les coûts liés au traitement augmenteront proportionnellement. De nouvelles pistes thérapeutiques sont donc plus que bienvenues ; à cet égard, les nouveaux modèles de recherche représentent une première étape.