Le cadre de vie offre-t-il une protection contre le diabète de type 2 ?
La présente étude a examiné un environnement qui mettait une alimentation saine et des possibilités d'activités physiques à disposition des patients, et où la cohésion sociale et la sécurité constituaient des concepts prioritaires. Les auteurs ont examiné l'incidence du diabète de type 2 sur une période de 10 ans en fonction du cadre de vie des participants.
Les données émanent de la Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis, une étude de cohorte américaine portant sur des adultes âgés de 45 à 84 ans à l'inclusion (2000-2012). Au total, 5 124 participants ne souffrant pas de diabète de type 2 à l'entrée dans l'étude ont passé un examen clinique à cinq reprises entre 2000 et 2012. Sur la base des adresses des participants, les modifications apportées en termes de disponibilité de l'alimentation saine, des possibilités d'activité physique et de l'environnement social ont été suivies au fil du temps.
Le diabète de type 2 était défini comme une glycémie à jeun >126 mg/dl ou comme l'utilisation d'insuline ou d'antihyperglycémiants oraux.
Effet plus marqué de l'activité physique
Sur une durée de suivi médiane de 8,9 ans, 616/5124 participants ont développé un diabète de type 2 (12,0%). Après corrections pour l'âge, le sexe, les revenus, le niveau d'éducation, la race/le groupe ethnique et le tabagisme, un risque plus faible de développer le diabète de type 2 a été associé à une exposition cumulée plus élevée à des indicateurs d'alimentation saine dans l'environnement (12%, HR par augmentation de la distance interquartile - différence entre le percentile 25 et le percentile 75 - du score total 0,88 [0,79-0,98]). Le risque de diabète de type 2 était encore plus réduit lorsque l'exposition cumulée aux indicateurs d'activité physique était plus élevée (21%, HR par augmentation de la distance interquartile - du score total 0,79 [0,71-0,88]). L'environnement social, en revanche, n'avait aucun impact sur l'incidence du diabète de type 2.
Pertinence
Dans un environnement caractérisé par des possibilités plus limitées d'activité physique et, dans une moindre mesure, d'alimentation saine, le diabète de type 2 survient plus fréquemment. Les auteurs admettent que le mode de mesure pourrait donner lieu à des résultats différents. Ils proposent donc de réaliser des études d'intervention afin d'examiner l'impact des modifications du cadre de vie d'une population sur le développement du diabète de type 2 au sein de cette population.
Dans un commentaire annexe, l'auteur indique qu'en supposant qu'une alimentation saine et une activité physique soient davantage disponibles, il convient encore de tenir compte des personnes qui saisiront effectivement ces opportunités. Et à cet égard, d'autres facteurs, tels que les revenus, pourraient également jouer un rôle.