La dépendance tabagique bientôt vaincue ?

À l'instar de l'oeuf de Christophe Colomb, le principe est simple et évident, mais il aura fallu une trentaine d'années pour qu'une solution viable se profile et ouvre la voie à une nouvelle possibilité d'aide au sevrage tabagique.
Si les différentes options pour le sevrage tabagique ont un taux de succès si mitigé, c'est en grande partie parce qu'elles ne s'attaquent pas au coeur du problème, à savoir la disparition de la dépendance à la nicotine.
Cette piste a été explorée par une équipe californienne dont l'objectif était de fabriquer une enzyme capable de détecter la nicotine et de la détruire avant qu'elle n'atteigne les zones du cerveau impliquées dans la satisfaction résultant de son usage, ce qui ipso facto devrait diminuer l'envie de fumer.
Après avoir essayé pendant près de 30 ans de créer une telle enzyme, les chercheurs l'ont finalement découverte dans la nature, il s'agit d'une protéine appelée NicA2 qui est fabriquée par Pseudomonas putida, une bactérie initialement isolée du sol d'un champ de tabac et qui se nourrit de nicotine pour subvenir à ses besoins en carbone et en azote.
Lorsque cette enzyme est mise en présence de nicotine mélangée à du sérum, la demi vie de la nicotine est drastiquement diminuée et les chercheurs sont persuadés qu'en modifiant très légèrement en laboratoire la structure de l'enzyme et en employant la dose adéquate, il sera possible de réduire le temps de présence de la nicotine dans le sang de façon telle qu'elle n'arrivera plus aux centres cérébraux de la gratification.
À ce stade, les chercheurs ont déjà montré que l'enzyme pouvait être recréée en laboratoire, qu'elle restait stable plus de 3 semaines à la température du corps humain et que la dégradation induite de la nicotine induite ne générait aucun métabolite toxique. Et ils sont persuadés qu'au prix de quelques interventions sur la structure chimique, il sera possible de contourner les éventuels problèmes immunologiques et d'aboutir à un agent de sevrage dont l'action pourrait durer 3 à 4 semaines en contrepartie d'une seule injection.
En bref un candidat thérapeutique original et qui promet. À suivre.