Sclérose en plaques : activité physique pour les jeunes aussi !
Une nouvelle étude suggère que les enfants atteints de sclérose en plaques (SEP) pourraient tirer un grand bénéfice des activités physiques, à de multiples points de vue.
L'étude vient de paraitre dans Neurology. Elle a été réalisée par des chercheurs canadiens exerçant au SickKids, l'hôpital pour enfants malades de Toronto. L'auteure principale constate dans un commentaire que plus des trois quarts des enfants avec une SEP présentent des épisodes dépressifs, de la fatigue chronique ou des déficits cognitifs. Or, selon les chercheurs, on ne sait pas si les comportements de la vie quotidienne peuvent affecter le décours de la maladie.
C'est pourquoi ils ont sélectionné 31 enfants avec SEP et 79 autres qui avaient subi un épisode inflammatoire neurologique unique. Ils ont dû répondre à un questionnaire à propos de leur état de fatigue, de leurs troubles de l'humeur et sur leurs habitudes concernant les exercices physiques. Sur l'ensemble des enfants ayant répondu, 60 ont bénéficié d'une résonance magnétique cérébrale afin de déterminer le volume du cerveau et le nombre ainsi que le type de lésions.
Selon les résultats, seuls 45% des enfants avec SEP participent à des activités physiques vigoureuses comparativement aux 82% retrouvés dans l'autre groupe. C'est dommage, car les enfants SEP participant à un exercice intense présentent globalement un plus petit nombre de lésions dans le cerveau et une activité de la maladie moindre que les enfants SEP ne pratiquant pas de sport régulièrement. Les différences sont majeures puisque ceux qui font du sport ont une médiane de 0,46 cm³ de lésions T2 et un taux médian de récidives de 0,5/an contre 3,4 cm³ de volume lésionnel et de 1 récidive/ an pour les non-pratiquants.
Les enfants SEP souffrent effectivement plus souvent de fatigue et de dépression que les enfants sans SEP. Il n'existe toutefois pas de différences de volume cérébral entre ces deux groupes. Les résultats ont été validés aussi après ajustement pour la sévérité de la maladie.
Selon les auteurs, il n'existe pas de relation de cause à effet entre exercice physique et l'activité de la maladie, mais on ne peut pas exclure une association entre les deux. Ces données sont importantes et constituent un argument supplémentaire pour inciter les parents à motiver leur enfant atteint de SEP de pratiquer une activité sportive.