Diabétique : deux injections d'insuline basale valent mieux qu'une
Dans cette étude, des patients atteints d'un diabète de type 1 ont fait l'objet d'un suivi après avoir reçu une formation approfondie visant à optimiser leur traitement par l'insuline. Les auteurs souhaitaient examiner le lien entre le schéma d'administration de l'insuline et la régulation de la glycémie après 1 an.
Il s'agit d'une analyse rétrospective de données recueillies auprès des 892 participants à l'étude britannique DAFNE (Dose Adjustment for Normal Eating), un programme qui apprend à des adultes diabétiques de type 1 à intégrer le diabète dans leur mode de vie, plutôt qu'à adapter leur mode de vie au diabète. La formation se donne en petits groupes (6 à 8 participants) pendant cinq jours complets, et est suivie d'une séance de suivi organisée huit semaines plus tard. Le principe de base repose sur l'apprentissage fondé sur l'expérience : les participants apprennent à estimer la quantité de glucides fournie par un repas afin de pouvoir s'injecter la dose correcte d'insuline.
Impact sur le taux d'HbA1c
Après correction pour les taux d'HbA1c initiaux, l'âge et la durée du diabète, les patients qui s'injectaient l'insuline basale deux fois par jour ont obtenu des taux d'HbA1c moyens significativement meilleurs que ceux qui ne s'injectaient l'insuline basale qu'une fois par jour. La différence s'élevait à -2 mmol/mol, soit -0,2 % (p=0,009). La plus forte baisse du taux d'HbA1c a été observée chez les patients qui avaient une moins bonne régulation de la glycémie à l'entrée dans l'étude et qui sont passés d'une à deux injections quotidiennes d'insuline basale.
Après corrections pour d'autres variables, le type d'insuline (glargine, détémir ou NPH) injecté par le patient ne s'avère pas modifier les résultats. De fait, après 1 an, aucune différence n'a été observée au niveau du taux d'HbA1c entre ces différents types d'insuline.
Impact sur les effets indésirables
Le schéma consistant en deux injections d'insuline basale a été associé à une baisse du risque relatif d'hypoglycémie sévère et d'acidocétose de respectivement 76 % et 63 %. S'agissant du nombre d'épisodes sévères d'hypoglycémie, le nombre d'épisodes a baissé de 0,82 à 0,23 épisode par patient et par an. Dans le groupe présentant la plus forte baisse du taux d'HbA1c, le HR pour l'hypoglycémie sévère était de 1,72 (0,88-3,36; p=0,110) pour les patients s'administrant deux injections d'insuline basale, par rapport à une seule injection d'insuline basale. Le risque d'hypoglycémie n'augmente donc pas dans ce groupe lorsque les patients passent d'une à deux injections d'insuline basale.