Des hôpitaux argentins obligés d'engager des clowns

En Argentine, et plus spécifiquement dans la province de Buenos Aires (la plus peuplée du pays), les hôpitaux devront engager des clowns. La loi votée en mai 2015 vient d'être entérinée la semaine dernière. Le travail du " clown d'hôpital " sera incorporé au système de santé de la province de Buenos Aires comme " médecine complémentaire pour apporter de la joie aux enfants malades hospitalisés, à leur famille et à tout le personnel. "
Dans la nouvelle loi, initiative du député Darío Golía, le "clown d'hôpital est un spécialiste dans l'art de la clownerie qui réunit les conditions et les prérequis pour le bon déroulement de sa tâche dans les hôpitaux publics provinciaux et municipaux." Ces personnes devront utiliser comme langage et instrument principal l'art clown, selon la loi approuvée par le Sénat argentin.
"Chaque service de thérapie pédiatrique devra compter avec un service de spécialistes dans l'art de clown ou des clowns d'hôpital", soutient l'auteur de la loi dans son projet, inspiré par le travail du docteur américain de la thérapie du rire Hunter "Patch" Adams, porté au cinéma en 1998, avec, pour jouer son rôle, l'acteur Robin Williams .
Depuis des années, dans l'Hôpital des Enfants "Sor María Ludovica" de La Plata, et dans d'autres hôpitaux de la capitale fédérale, l'association civile "Alégria Intensiva, Payasos de Hospital" - bonheur intensif, clowns d'hôpital - travaille avec des enfants hospitalisés et leur entourage pour qu'ils puissent vaincre des situations traumatiques à l'aide de jeux et de l'humour.
"La capacité du rire améliore l'acte médical et cela a été scientifiquement prouvé quand on a découvert que le cortex cérébral libérait des impulsions électriques négatives une seconde après avoir commencé à rire. Quand nous rions, le cerveaux émet des informations nécessaires pour activer la sécrétion d'encéphalines, aux propriétés analgésiques semblables à celles de la morphine", explique Darío Golía.
Il assure que le "travail des clowns d'hôpitaux, ou de spécialistes dans l'art clown, est fondamental pour arriver aux objectifs fixés par la risothérapie, qui plus est quand ladite thérapie complémentaire est à l'attention des enfants malades."
"Une situation délicate peut changer quand le regard utilisé est celui du clown, qui se transforme en celui que l'on désire qu'il soit, qui anime les enfants, leurs parents, et le personnel médical et non-médical", explique le député argentin, qui parle également du courant d'humanisation hospitalière qui "poursuit l'idée selon laquelle les patients doivent être abordés avec un attention complète, évitant les étiquetages médicaux, les divisions entre sains et malades."
Darío Golía soutient que cette approche est "viable et d'application pour les enfants, la pédiatrie étant le secteur le plus propice à l'implémentation de services de spécialistes dans l'art clown dans les différents hôpitaux comme forme de médecine complémentaire."
Si la présence de clowns est fréquente dans les centres hospitaliers belges, via diverses associations, rien n'est fixé par la loi à cet égard. C'est la première fois en Argentine que les pouvoirs publics légifèrent en la matière. "Le rire est le meilleur des remèdes", a argumenté l'auteur de la loi, Darío Golía.