Mieux prédire le pronostic des cancers du poumon non à petites cellules à un stade précoce, c'est possible
En dépit des récents progrès en matière de biologie et des nouvelles approches thérapeutiques pour les cancers du poumon non à petites cellules, environ un tiers des patients sans envahissement ganglionnaire et dont la tumeur a été entièrement réséquée développent des récidives et décèdent de leur cancer.
Il a été démontré récemment qu'un ratio polynucléaires neutrophiles/lymphocytes (RPNL) élevé était associé à un mauvais pronostic dans divers types de cancers.
Une équipe japonaise a entrepris d'explorer plus avant la signification pronostique de ce RPNL chez des patients présentant un cancer bronchique non à petites cellules de stade I ayant été complètement réséqué, afin de voir si ce paramètre était corrélé au pronostic, ce qui permettrait le cas échéant d'envisager de modifier la stratégie thérapeutique.
Il s'agit d'une étude monocentrique rétrospective ayant utilisé les données de 342 patients dont le cancer du poumon non à petites cellules de stade I confirmé par histologie avait été réséqué complètement entre 2000 et 2008. Ces patients ont été divisés en deux groupes selon que la valeur préopératoire de leur RPNL était inférieure ou égale ou supérieure à 2,5 (respectivement n = 257 et 85).
Les résultats ont montré que les 85 sujets ayant un RPNL ≥ 2,5 étaient caractérisés par un âge significativement plus avancé (p = 0,045), par une hypoalbuminémie pré-opératoire (p = 0,030) et par une histologie non adénocarcinomateuse (p = 0,045).
En analyse univariée, les sujets du groupe avec RPNL ≥ 2,5 avaient à 5 ans une moins bonne probabilité de survie sans progression (59,9 % versus 81,2 %, p < 0,001) et de survie globale (72,8 % versus 89,2 %, p < 0,001).
L'analyse multivariée a révélé pour sa part que le RPNL était un facteur pronostique indépendant, le risque relatif de progression et/ou de survie étant plus que doublé pour les sujets du groupe avec un RPNL ≥ 2,5 (HR 2,14 ; IC 95 % 1,31 - 3,52 ; p = 0,003).
Ce travail a montré également que la proportion de sujets qui développaient des métastases à distance était plus importante dans le groupe RPNL élevé que dans le groupe RPNL bas, confirmant donc que le RPNL était un facteur significatif de mauvais pronostic
Les dosages nécessaires à l'établissement du RPNL étant facilement réalisables, son calcul étant très simple et les informations apportées pouvant s'avérer utiles au clinicien pour la prise en charge périopératoire, il serait dommage de ne pas y avoir recours.