Maladie d'Alzheimer : la prévention est-elle possible ?
Face à une maladie qu'on ne peut malheureusement pas encore traiter, beaucoup d'équipes de recherche se penchent sur différentes voies de prévention. Pour certains, il s'agit uniquement d'un rêve. D'autres en revanche tentent de le concrétiser. Ainsi, des chercheurs pensent, selon leur article dans le Journal of Neurology Neurosurgery & Psychiatry, que son incidence peut être réduite en agissant sur 9 facteurs de risque évitables dans notre vie quotidienne.
La recherche chinoise prend une place de plus en plus considérable dans la littérature et vu la population qu'elle concerne, ce n'est guère étonnant. C'est ainsi que des chercheurs chinois ont, grâce à leur méta-analyse de 323 articles, établi une liste des facteurs de risque évitables de la maladie d'Alzheimer ainsi que les moyens de les contrer.
Rassemblant plus de 5.000 patients, la publication révèle avec un très haut pouvoir prédictif que cela tiendrait seulement à 4 médicaments, 4 facteurs alimentaires et 1 facteur de risque psychologique.
Par exemple, les estrogènes, les hypocholestérolémiants, les antihypertenseurs, et les anti-inflammatoires non-stéroïdens sont des éléments protecteurs de la maladie d'Alzheimer. Par ailleurs, d'un point de vue alimentaire, il apparait que la vitamine E, la vitamine C et les folates, de même que le café diminuent les risques de développer la maladie. Du côté des affections psychologiques, le traitement de la dépression permet, lui aussi, de les réduire.
Les chercheurs chinois lèvent également grâce à leur étude, l'ambigüité qui entoure l'hyperhomocystéinémie. Selon eux, celle-ci constitue un facteur pronostic péjoratif très important.
A côté de ces facteurs " forts ", l'équipe chinoise a aussi noté plusieurs autres éléments qui peuvent intervenir, comme le diabète de type 2, mais de façon étonnante, uniquement pour la population asiatique ou bien encore un rétrécissement carotidien, qu'on aurait peut-être attendu dans la catégorie précédente.
Les chercheurs chinois ne se sont pas arrêtés là puisqu'ils ont développé une formule mathématique tenant compte des différents facteurs et ont défini le "Population Attributable Risk" (PAR). On y retrouve l'obésité, le tabagisme actif, le rétrécissement carotidien, le diabète de type 2 (pour les Asiatiques), le faible niveau éducationnel, l'hyperhomocystéinémie, la dépression, la fragilité de la personne et la présence d'une hypertension non contrôlée. Selon eux et leur formule, il semble que deux tiers de la population soient concernés.
En l'absence de données prospectives, c'est actuellement le mieux que l'on puisse faire, mais les chercheurs estiment que leur formule devrait être vérifiée par d'autres équipes et être tenue, le cas échéant, en considération pour la réalisation d'études futures.
http://jnnp.bmj.com/lookup/doi/10.1136/jnnp-2015-310548