Dépression et personnes âgées: comprendre l'absence de réponses
Des chercheurs nord-américains sont partis du constat que plus de la moitié des personnes âgées présentant un trouble dépressif tardif ne répondent pas au traitement pharmacologique initial. On pourrait penser qu'il s'agit d'un effet de la sévérité de la maladie, mais les preuves sont jusqu'ici peu convaincantes. Rechercher les causes de ces échecs semble donc de première importance.
Les auteurs ont évalué la réponse à un traitement par venlafaxine à libération prolongée (jusqu'à 300mg/j). Les patients ont participé à une étude ouverte de 12 semaines. Les facteurs cliniques pronostiques ont été évidemment scrutés par le menu en incluant les performances cognitives personnelles ainsi que les symptômes dépressifs. En tout, 453 adultes âgés de 60 ans ou plus avec un trouble dépressif majeur y ont pris part. L'étude s'est déroulée entre 2009 et 2014.
Les patients ont été répartis en trois groupes en fonction de la sévérité des symptômes dépressifs. Les résultats montrent que 3 groupes au départ répondent bien au traitement : l'un avec des symptômes dépressifs légers (15,23%), un autre présentant un trouble modéré (25,84%) et un troisième avec des troubles élevés (5,52%). Par ailleurs, 3 autres sous-groupes ne répondent pas au traitement, dont 2 avec des symptômes élevés (35,98%) et un avec des symptômes modérés (19,43%).
Les chercheurs ont pu déterminer que les non-répondeurs présentaient de fait une sévérité plus importante de la maladie, une durée plus importante de celle-ci, moins de pertes subjectives de sommeil, plus de culpabilité et plus de difficultés à réaliser une tâche. Un meilleur score cognitif de réponse cognitive était aussi associé à une réponse au traitement deux fois plus rapide.
Comme on pouvait s'y attendre, la réponse à un traitement antidépresseur efficace est dépendante de multiples facteurs. Les auteurs estiment donc que la sévérité de la maladie au départ est une condition nécessaire, mais non suffisante pour le déterminer. Ceci permettra donc peut-être de mieux adapter le traitement d'emblée.
http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2429109