Maladie d'Alzheimer : une question de plaques...
Personne ne nie l'importance des plaques de bêta-amyloïde (AB) dans le développement de la maladie d'Alzheimer. Cependant, plusieurs études montrent aujourd'hui qu'au PET-scan, un tiers des personnes non porteuses de l'APOE4 avec un diagnostic clinique de démence d'Alzheimer légère à modérée ne rencontrent pas les critères pour une amyloïdose cérébrale. De plus, 20 à 30% des individus avec un diagnostic clinique de maladie d'Alzheimer, y compris les porteurs de la mutation, ne rencontrent pas les critères clinico-neuropathologiques...
Au vu de ces résultats, il semble important de déterminer le pourcentage de patients porteurs ou non de l'APOE4 qui rencontrent effectivement les critères diagnostiques de la maladie légère à modérée et de savoir à partir de pièces d'autopsie la quantité de plaques minimales d'AB associée à une dégénération neurofibrillaire appréciable ou un autre diagnostic que la maladie d'Alzheimer (AD).
Les données ont été obtenues à partir du National Alzheimer Coordinating Center's Uniform Data Set, qui retient les données longitudinales du National Institute on Aging. Les données neuropathologiques sont obtenues sur un sous-groupe de patients. En tout, 100 porteurs de l'APOE4 et 100 non-porteurs ont fait l'objet d'une évaluation. Tous avaient reçu un diagnostic d'AD à leur dernière visite avant de décéder dans les 24 mois. Tous ont été autopsiés. L'étude a été conduite entre 2005 et 2012 et l'analyse réalisée entre 2012 et 2015.
Les patients ont été évalués suivant la densité des plaques ainsi que par le biais d'un score de dégénération neurofibrillaire, appelé score de Braak.
En comparant les deux populations, il apparait que les porteurs de l'APOE4 ont développé la maladie plus jeunes que les non-porteurs : 78,5 versus 75,8. En revanche, il n'y a pas de différences entre les deux groupes concernant le délai entre le diagnostic et la dernière visite ou le décès. Sur les 200 patients porteurs ou non de l'APOE4, 25% ont reçu un diagnostic différent d'AD. Chez les non-porteurs, 37% des patients AD légère à modérée présentent un nombre minimal de plaques. En revanche, ils ne sont que 13% chez les porteurs de l'APOE4 (13%). Pratiquement la moitié des participants porteurs ou non de la mutation et un score minimal de plaques présentent une neurodégénération importante.
Les auteurs estiment que cela montre peut-être qu'il y a peu voire pas d'intérêt à traiter les patients avec des anti-amyloïdes. Il semble en revanche se concentrer beaucoup plus sur l'importance de l'extension de la neurodégénération elle-même... L'éditorialiste du journal relève l'importance de cette étude et mentionne qu'il est urgent de trouver d'autres biomarqueurs afin d'améliorer la précision du diagnostic car la distinction entre démence d'Alzheimer et non-Alzheimer risque de devenir de première importance si des traitements spécifiques font leur apparition.