Obésité métaboliquement saine : pas d'état stable
L'obésité métaboliquement saine pourrait n'être qu'une période de transition avant la survenue d'une dysfonction métabolique. Cette étude tente de définir les caractéristiques de cette transition en examinant de façon plus détaillée le comportement et les caractéristiques biologiques des adultes obèses sains qui évoluent vers une situation malsaine.
Les 2 422 participants, dont 44,2 % d'hommes, proviennent de l'étude English Longitudinal Study of Ageing et ont un âge moyen de 63,3 ± 7,7 ans. Leur obésité a été définie en raison d'un IMC de 30 kg/m2 ou plus ; sur la base de la tension artérielle, du cholestérol HDL, des triglycérides, du taux d'HbA1c et de la CRP, ils ont été qualifiés de " sains " (aucune ou une seule valeur métabolique anormale) ou de " malsains " (deux valeurs métaboliques anormales ou plus).
Facteurs liés à la progression
Parmi les obèses " sains ", 44,5 % ont été déclarés " malsains " après un suivi de huit ans, ce qui était le cas chez seulement 16,6 % des personnes saines ayant un poids normal et 26,6 % des personnes saines en surpoids.-
La progression vers un état " malsain " s'accompagnait d'une hypertension (75 % contre 37 % dans le groupe des personnes obèses restant saines), d'un taux élevé de CRP (53,7 % contre 17 %), d'un taux élevé d'HbA1c (46,3 % contre 5,9 %) et d'un taux élevé de triglycérides (45,4 % contre 11,9 %). Les OR respectifs, corrigés pour l'âge et le sexe, étaient les suivants : 8,9 (4,7-14,0) ; 8,6 (4,1-18) ; 13,8 (6,1-31,2) et 5,9 (2,9-12). Ce risque accru s'est avéré indépendant des facteurs liés au mode de vie, y compris de l'activité physique.
Le tour de taille augmentait lui aussi de façon significative en cas d'évolution vers une situation " malsaine " (2,7 cm ; 0,5-4,9 cm).
Instabilité relative
Ces chiffres montrent qu'un phénotype obèse métaboliquement sain est relativement instable et finit par évoluer, chez un peu moins de la moitié des personnes concernées, vers un état métaboliquement malsain. À cet égard, il est important de noter que cette transition se caractérise par différentes modifications biologiques, qui ne s'expliquent toutefois pas totalement par une augmentation des facteurs de risque liés au mode de vie.
http://www.eje-online.org/content/early/2015/08/18/EJE-15-0449.abstract