Solidaris, organisateur d'événements solidaires. Vraiment ?
Vous ne faites pas honneur à ce mot si beau qui nous rassemble : la solidarité. " " Clairement du surbooking... Hallucinant ! ". Les commentaires fusaient sur les réseaux sociaux après la Fête des Solidarités.
Pourtant, force est de reconnaître que les ingrédients de la réussite étaient présents : une très belle affiche, surtout pour le prix (mention spéciale pour Rodrigo y Gabriela : un duo d'artistes international pour 35 € la place, chapeau), un temps magnifique et un très beau cadre.
Néanmoins, il faut comprendre le ressenti des festivaliers. Arriver sur place était une gageure. Un système de navettes gratuites surpeuplées, des files d'attente interminables à l'entrée... Il y avait là une impression d'aller à Walibi un jour de gratuité. Ensuite, l'événement était trop hybride, entre pièces de théâtre, débats, et concerts. On ne peut pas demander à des festivaliers de passer d'un concert d'Alice On The Roof ou de Milow à un débat, parce qu'une scène affiche complet. C'est un mélange des genres inapproprié.
Ce serait toutefois oublier que le l'évènement était bel et bien réussi. Une fois sur place. L'ambiance était là, les artistes mouillaient la chemise. La fête, oui. Mais des Solidarités ? Reparlons-en.
Un soft ou une bière à deux euros, une bière spéciale à trois (dans un gobelet en céramique à la FGTB, sûrement subventionné par des affiliés consentants...), c'est honnête, c'est solidaire. Mais le dilemme entre le cornet de pâtes ou le burger à 8 euros, ça l'est beaucoup moins. " Une bière, c'est deux tartines " dit l'adage. C'est sûrement ce qu'ont dû se dire les organisateurs.
On peut aussi se demander comment sont payés les artistes, dire que ce n'est pas le rôle d'une mutualité d'organiser ce genre d'événements. Pour une troisième édition, les Solidarités ont affiché complet avec 33.000 festivaliers au sommet de la Citadelle de Namur. Ce qui veut dire que cela marche. Mais pour l'année prochaine, il faudra convaincre les déçus de revenir. Ou peut-être que les déçus, à force de remontrances, pousseront les Solidarités à voir plus petit. C'était pourtant une belle affiche et un bel événement.