Le KCE souhaite un contrôle de l'usage de médicaments hors notice
Le Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE) recommande aux autorités belges de la santé d'encadrer l'usage de médicaments hors notice, une pratique assez courante. Selon le KCE, l'utilisation de médicaments pour d'autres indications que celles prévues dans la notice concernerait jusqu'à 80% des médicaments prescrits en pédiatrie et plus de la moitié de ceux prescrits en oncologie. Le KCE propose de rassembler "aussi vite que possible" des preuves scientifiques fiables au sujet des usages de médicaments hors notice, en collaboration ou non avec les producteurs, et d'interdire ces pratiques en cas de preuves négatives. Les médecins peuvent continuer à prescrire dans des indications différentes.
Si l'autorisation de mise sur le marché d'un médicament est accordée, elle ne sera valable que pour l'indication demandée, rappelle le KCE. Tout médecin est toutefois libre de prescrire un médicament pour des indications autres que celles qui sont autorisées. Ainsi, dans le cadre du traitement d'une maladie rare des artères pulmonaires, des médecins prescrivent du Viagra au lieu du Revatio, beaucoup plus cher que le premier.
Idéalement, les producteurs devraient introduire de nouvelles demandes d'autorisation pour valider ces pratiques mais ils n'ont pas toujours intérêt à agir de la sorte. Cela suppose d'abord de nouveaux investissements dans des études cliniques, alors qu'ils perçoivent déjà les revenus de l'usage de médicaments hors notice. Le marché concerné est de plus généralement limité. Enfin, de nouvelles études risquent de mettre en lumière des problèmes de sécurité encore inconnus, ou une efficacité moindre que prévu, pointe le KCE.