Création d'un rein artificiel capable d'excréter l'urine
Dans le monde, la demande de greffes de reins est croissante, en particulier dans les pays occidentaux où la pression artérielle élevée et le diabète de type II sont en hausse et contribuent à l'augmentation des taux de maladies rénales. Malheureusement, il n'y a pas suffisamment de donneurs en regard du nombre de patients qui sont en attente d'un organe pour pallier leur insuffisance rénale.
La pénurie en greffons continuant de s'aggraver, les thérapies basées sur l'utilisation de cellules souches pourraient constituer une solution alternative. Actuellement plusieurs équipes scientifiques tentent de créer en laboratoire des reins fonctionnels, notamment en se servant des cellules souches des patients, capables de se spécialiser en n'importe quel tissu ou organe, tout en limitant les risques de rejet.
L'une de ces équipes, japonaise, vient d'annoncer qu'elle a franchi une nouvelle étape en créant un rein artificiel qui sait excréter l'urine. Jusqu'à présent, les diverses tentatives menées en la matière avaient abouti à la conception de reins aptes à filtrer le sang de ses déchets, mais l'urine obtenue ne pouvait pas être évacuée de l'organe avant son transfert vers la vessie.
Cette fois, le Pr Takashi Yokoo de la Jikei University de Tokyo et ses collègues seraient parvenus à résoudre le problème. Comment ? En élaborant un dispositif qui joue en quelque sorte le rôle d'un adaptateur. En plus du rein bio-artificiel, ils ont fabriqué une sorte de vessie " bis " par laquelle peut passer l'urine avant d'être transvasée dans celle d'origine. Le lien entre les vessies artificielle et naturelle a été établi par le biais d'un tube de drainage.
Le rein innovant a, lui, été créé à partir de cellules souches humaines et testé avec succès chez la souris et le cochon. Il est tout à fait fonctionnel.
Cette avancée est importante et elle pourrait donc présenter de nombreux avantages dans le remplacement de reins défectueux. " Mais cela ne signifie pas encore que la technologie est au point et que ce rein artificiel va fonctionner sur des humains ", tempère, dans une interview accordée à la BBC, le Pr Chris Mason, expert en médecine régénérative et cellules souches à l'University College de Londres. " Une application à l'Homme ne pourra probablement pas avoir lieu avant quelques années. "
Bien qu'expérimental, ce travail est néanmoins très encourageant et le résultat obtenu laisse espérer que l'on parviendra un jour à réitérer cette expérience chez l'Homme, ce qui sauverait potentiellement la vie de milliers d'insuffisants rénaux en attente d'une greffe.