Comité de l'assurance : Les médecins, Solidaris et Santhea votent contre le budget des soins de santé corseté
Le comité de l'assurance de l'Inami a adopté lundi une proposition de budget permettant une augmentation de moyens des soins de santé de l'ordre de 0,7%, en-deçà de la norme légale de 1,5% hors indexation (1,9%). Le banc médical ainsi que Solidaris/Mutualité socialiste et la structure faîtière Santhea ont voté contre, les Mutualités chrétiennes, libres, neutres et libérales ont voté pour.
La situation de ce budget étriqué est la conséquence des différents conclaves budgétaires qui ont eu lieu en 2015 affectant les marges disponibles et la trajectoire à l'horizon 2018. Quelque 300 millions d'euros d'effort supplémentaire ont dû être consentis. La proposition sera débattue le 12 octobre au conseil général de l'Inami, en présence des partenaires sociaux et du gouvernement dont les organismes assureurs attendent encore des informations avant de décider de l'affectation des mesures d'économies.
La Mutualité chrétienne, qui a soutenu la proposition, évoque cependant un ajustement interne de 173 millions d'euros permettant le financement de nouvelles initiatives. "Nous sommes satisfaits que le comité de l'assurance de l'INAMI ait pu trouver un accord sur le budget soins de santé 2016", a souligné le secrétaire général de la Mutualité chrétienne Jean Hermesse, suivant ainsi le CD&V qui est au gouvernement.
La Mutualité socialiste a suivi son pilier politique en refusant de s'inscrire dans un cadre budgétaire qui "se répercutera sur les patients" via le ticket modérateur ou les suppléments hospitaliers. L'assurance maladie est devenue "la vache à lait de l'assainissement budgétaire", a dénoncé le secrétaire général de Solidaris Jean-Pascal Labille.
Solidaris a été la seule mutualité à voter contre la proposition qu'a en revanche rejetée le corps médical dans son ensemble. Les hôpitaux se sont également largement opposés au cadre proposé. Au total, vingt représentants ont voté pour, quinze contre et cinq se sont abstenus.
Santhea, qui regoupe plus de 40% des hôpitaux wallons, s'est offusqué de ce soutien des mutuelles à la politique du gouvernement en ces termes : " Hormis les mutualités socialistes, toutes les Unions mutuellistes s'associent pour remercier le Gouvernement d'avoir renié ses engagements. Le message transmis aux prestataires de soins par les Mutualités Chrétiennes, libres, libérales et neutres peut se résumer comme suit : 'Faites-nous savoir ce dont vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer !'.
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