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Les moins nantis ont 21% de risques en plus d'être hospitalisés (ANMC)

Les plus pauvres courent plus de risques d'être malades que les plus riches. Autrement dit, la pauvreté rend malade. L'Alliance nationale des mutualités chrétiennes a chiffré ce fossé sanitaire entre nantis et précaires dans une récente étude. Ainsi, une personne du groupe social le plus bas a 51 % de risques en plus de décéder l'année suivante qu'une personne du groupe social le plus élevé, aura plus de risques (55 %) de se retrouver en incapacité de travail (jusqu'à un an) et même, 97 % de risques en plus de se retrouver en invalidité (plus d'un an).

Nicolas de Pape - 14 octobre 2015

Les MC ont couplé ses données de l'assurance maladie, aux données fiscales de la Direction générale Statistique (chiffres 2012). De la sorte, la mutualité a pu vérifier, à l'échelle d'un quartier, comment les individus de divers groupes sociaux consomment les soins de santé. Les résultats sont peu encourageants. " En matière de santé, nous sommes tout sauf égaux ", constate Jean Hermesse. " Plus faible est la position socio-économique, plus mauvaise est la santé et plus faible est l'espérance de vie. "

Ainsi, une personne du groupe social le plus bas a 51 % de risques en plus de décéder l'année suivante qu'une personne du groupe social le plus élevé, aura plus de risques (55 %) de se retrouver en incapacité de travail (jusqu'à un an) et même, 97 % de risques en plus de se retrouver en invalidité (plus d'un an).

Les personnes des groupes sociaux les moins favorisés poussent donc moins souvent la porte d'un orthodontiste dont les actes ne sont que partiellement remboursés. En moyenne, les enfants (entre 10 et 16 ans) de ces groupes sociaux moins favorisés s'y rendent 32 % de moins que les jeunes des groupes plus aisés.

Mais pour le frottis de dépistage du cancer du col de l'utérus qui est gratuit, les femmes des groupes sociaux les moins favorisés sont 19 % moins nombreuses à y recourir. " Nous devons davantage faire comprendre à certains groupes cibles à quel point ces examens sont importants, en travaillant sur leurs savoirs en matière de santé. ", poursuit Jean Hermesse.

La situation ne semble d'ailleurs pas s'améliorer. En 2006, les personnes reprises dans les groupes sociaux les plus défavorisés avaient 26 % de risques en plus de décéder de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Six ans plus tard, la différence atteint 31 %.
Combler ce fossé revient à la société toute entière mais aussi aux mutuelles, pointe Jean Hermesse.

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