Retour vers le futur

Forts de 20 points d'action, le plan e-santé 2015-2018 servi par les 9 (!) ministres responsables de la santé pourrait s'apparenter à de la soupe informatique avec quelques ingrédients en trois lettres : DMI, DPI, DMG, DPP, RSW, RSB, PHR, ou encore EBM. Il faut dire que le plan e-santé, ou plutôt ICT-santé, c'est davantage du Big Data pour harmoniser un système informatisé complexe plutôt qu'une simple informatisation de la médecine. Tentative de décryptage. Un dossier de Laurent Zanella
D'ici 2019, les différentes autorités compétentes en matière de santé veulent informatiser les soins de santé. Pour ce faire, la roadmap e-santé a été actualisée. Les lacunes seront d'abord comblées. Le rôle du patient dans son parcours de soin sera mieux défini. Une partie santé mobile est également prévue. Des objectifs ambitieux et un agenda bien rempli, tenant compte du fait que le plan d'action est révisable.
Ce sera quoi un prestataire de soins en 2019 ?
Chaque corps de métier disposera de son outil informatique. Tout prestataire de soins aura accès à toutes les données médicales publiées de ses propres patients pour autant qu'elles soient pertinentes pour lui. Des filtres seront définis à cet effet. Tous pourront également communiquer entre eux via la eHealthBox (qui existe déjà).
La télémédecine prendra une place plus importante. Les prestataires de soins pourront y faire appel moyennant des applications de mHealth qui auront fait l'objet d'un enregistrement officiel.

Le MG disposera d'un dossier médical informatisé (DMI) pour l'ensemble de ses patients. Il publiera et tiendra à jour un SumERH1 (Summarized Electronic Health Record) dans un " coffre-fort " sécurisé : InterMed en Wallonie, Vitalink en Flandre et BruSafe à Bruxelles.
Les autres prestataires de soins auront un dossier patient informatisé (DPI) où ils pourront publier des informations et les tenir à jour via Intermed par exemple. Les hôpitaux, institutions psychiatriques et laboratoires publieront également leurs documents et consulteront les données du coffre-fort.
Les pharmaciens également publieront dans le dossier pharmaceutique partagé (DPP) qui alimentera le schéma de médication. Ce dernier sera partagé entre les médecins, pharmaciens, infirmiers à domicile et hôpitaux.
Enfin, tous les prestataires de soins recevront des incitants pour l'utilisation et l'usage adéquat de l'e-santé. Pour ce faire, ils seront formés tant dans le cadre de leur formation de base que par des formations continuées.
Et le patient en 2019 ?
Déjà, il aura donné son consentement éclairé, idéalement. Ce que tout le monde promeut, mutualité, médecin, et politique. Le patient aura accès à toute information qui le concerne et qui sera disponible via les coffres-forts.
À l'étude, la possibilité de mettre en place une plate-forme consolidée pour contribuer à la health literacy du patient. Cette structure permettrait au patient de disposer de toute l'information au même endroit, mettrait des instruments d'analyse à sa disposition ainsi que des instruments de traduction lui permettant de mieux comprendre son dossier.
Le patient pourra lui-même ajouter des informations par trois moyens : la plate-forme consolidée, les coffres-forts ou le cloud, en privé. L'ensemble des informations présentes dans ces réseaux constitue le PHR (Personal Heatlh Record).
Ce sera la fin de l'ère papier pour le patient, sauf demandes exceptionnelles. L'attestation des soins dispensés sera transmise par voie électronique à la mutuelle, tout comme la preuve d'incapacité de travail, qui sera également envoyée à l'employeur. Enfin, la prescription de médicament sera disponible dans le schéma de médication.
Notes
1. Pour rappel, il s'agit d'un document électronique contenant les données minimales dont le médecin a besoin pour pouvoir évaluer rapidement l'état de santé d'un patient et offrir les meilleurs soins possible.
Les principaux points d'action
? DMG = DMI => SumEHR
? DPI hospitalier
? Schéma de médication
? Prescription électronique
? Partager afin de collaborer
? " Incitants à l'utilisation "
? Accès aux données par le patient (PHR)
? Formation et soutien ICT des dispensateurs de soins
? MyCareNet
? Simplification administrative
? Mobile Health