Postes médicaux de garde: les généralistes font front contre les " mesures De Block "
Syndicats et organisations de médecins généralistes se sont réunis en front commun pour fustiger ce lundi le gel même partiel du budget des postes médicaux de garde annoncé par la ministre de la Santé. " Si aucun engagement n'est pris en soutien de la première ligne de soins, des actions ne sont pas exclues ", menace le regroupement professionnel.
Représentants wallons, bruxellois et flamands des syndicats médicaux et des organisations de médecins généralistes expriment ce lundi leur " indignation face au gel brutal " de 10,2 millions d'euros nécessaires au développement des postes médicaux de garde (PMG) sur tout le territoire belge.
" Une réforme de la garde en médecine générale qui est un service indispensable à la population ", insiste le front commun constitué par douzes associations au sein desquelles on retrouve le Fag, la FAMGB, l'Absym, le Syndicat flamand des généralistes (SVH) ou encore Wachtposten Vlaanderen.
Ce front des médecins de première ligne rappelle que le développement des PMG doit être une priorité pour les décideurs politiques. Et pour cause, renforcer la première ligne de soins en dehors des heures habituelles d'ouverture ainsi que sa visibilité, répond à deux objectifs estiment les généralistes: augmenter la qualité des soins par l'articulation entre les différentes lignes pour assurer les meilleures interventions au meilleur endroit et augmenter l'attractivité de la profession en lui assurant la sécurité et l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle.
" Les mesures De Block vont totalement à l'encontre de ces deux objectifs, en hypothéquant la couverture en PMG sur tout le territoire belge pendant le weekend et en soirée de semaine ", condamne le front commun.
C'est que le système de triage des appels des patients avec numéro d'appel unique le 1733, revendiqué depuis longtemps par les acteurs de terrain, peine à se développer. Et nos gouvernants portent la responsabilité de cette lenteur, jugent les associations médicales.
" L'amertume, la déception et la colère sont grandes: il est totalement inacceptable qu'une ministre balaye unilatéralement et sans aucune concertation préalable des accords déjà établis. Les syndicats et les organisations de médecins généralistes revendiquent que le principe fondamental d'une concertation entre les pouvoirs publics et les acteurs de terrain soit réinstauré et respecté ".
Pour beaucoup d'observateurs, le gel imposé réduit à néant le travail de longue haleine des généralistes et risque démotiver les troupes.
Les syndicats en arrivent à sérieusement s'interroger sur le sens des négociations pour un nouvel accord médico-mutuelliste, si le ministre en charge ne s'y conforme pas ultérieurement.
Entre-temps la ministre Maggie De Block a fait partiellement marche arrière: le Conseil des Ministres a décidé vendredi dernier d'octroyer un certain budget pour le financement des frais d'installation des PMG dont la demande a été déposée à l'INAMI avant le 12/10/2015 (lire Le gouvernement Michel tempère le gel des postes de garde). Le 29 octobre prochain, les organisations de médecins généralistes et les syndicats médicaux seront reçus au cabinet.
" Si cette rencontre n'aboutit pas à un engagement d'un soutien ferme au développement rapide de la garde en médecine générale et plus largement à un soutien ferme à la première ligne de soins dans sa multidisciplinarité et son rôle dans le traitement des malades atteints de maladie chronique, des actions de la part des médecins ne sont pas exclues ", conclut le front commun.