Cancer du col de l'utérus: pas de syndrome rare causé par les vaccins anti-HPV, selon l'EMA
L'Agence européenne du médicament (EMA) a estimé jeudi que les vaccins anti-HPV contre les cancers du col de l'utérus qui sont régulièrement remis en cause en Europe n'étaient pas à l'origine de deux syndromes rares, le SCDR et le STOP. Le Comité spécialisé de l'EMA, le PRAC a conclu à l'issue d'un examen que "les éléments disponibles ne permettent pas de conclure que SCDR et STOP sont causés par les vaccins anti-HPV".
"Par conséquence, il n'y a aucune raison de changer la façon dont les vaccins sont utilisés et de modifier l'information sur les produits", écrit l'EMA dans un communiqué.
L'EMA avait engagé en juillet une étude à la demande du Danemark pour savoir si deux syndromes rares, le syndrome douloureux régional complexe (SDRC) et le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (STOP), pouvaient être liés aux vaccins contre les infections à papillomavirus (HPV).
Le SDRC s'exprime par des douleurs chroniques affectant les membres, tandis que le STOP est caractérisé par une augmentation du rythme cardiaque lors d'un changement de position du corps et associé à des vertiges, évanouissements, maux de tête ou faiblesse.
Le nombre de jeunes filles de 10 à 19 ans développant ces syndromes (environ 150 sur un million chaque année pour l'un et l'autre syndrome) n'est pas plus important parmi les jeunes filles vaccinées, selon l'EMA.
Une autre étude menée en France par l'Assurance maladie et l'Agence du médicament (ANSM) sur plus de 2 millions d'adolescentes avait conclu en septembre que les vaccins anti-HPV n'étaient pas responsables de sclérose en plaques ou d'autres maladies auto-immunes.
Ces vaccins ont été administrés à 72 millions de personnes dans le monde pour stopper la transmission par voie sexuelle du papillomavirus (HPV).
Ce virus est à l'origine de lésions précancéreuses qui, au bout de plusieurs années, peuvent évoluer en cancers du col de l'utérus, et aussi en cancers du canal anal ou de la gorge.
La plupart des pays recommandent depuis quelques années de vacciner les jeunes filles entre 9 et 12 ans, avant leur première relation sexuelle.