Disparités importantes entre régions et hôpitaux en matière d'hygiène hospitalière
Selon l'Institut de santé publique, il existe de grandes disparités régionales ainsi qu'entre hôpitaux lorsqu'on se penche sur les trois indicateurs en matière d'hygiène hospitalière : l'organisation, les moyens investis et les actions. Les 'processus' constituent aussi l'un de ces indicateurs, mais n'a pas été repris dans les scores obtenus car ils dépendent des autres éléments de qualité des soins. 105 hôpitaux ont ainsi déposé un dossier après avoir procédé à une auto-évaluation. C'est pourquoi l'ISP recommande tout même que les données des hôpitaux soient soumises à un audit externe.
D'abord la bonne nouvelle : il y a une diminution constante des infections cliniques par MRSA (staphylocoque doré résistant à l'antibiotique méticilline). En une décennie, leur incidence a diminué de deux-tiers pour arriver à une moyenne de un cas par millier d'admissions. Plus en détails, l'incidence en Belgique est de 1,1 par millier, de 1,8 par millier en Wallonie et de 0,8 en Flandre.
Moins positives sont les lacunes en matière de surveillance épidémiologique, plus particulièrement des infections contractées dans les unités de soins intensifs et à la suite d'une opération. De nombreux hôpitaux ne sont pas en mesure de quantifier précisément les taux d'infection au sein de leur structure. Certaines mesures de prévention manquent aussi d'évaluation ; une autre lacune importante.
En ce qui concerne les indicateurs, chacun d'entre eux est divisé en un certain nombre d'éléments. Celui qui les satisfait reçoit un point. Il y a 6 indicateurs dans la catégorie 'organisation' allant du plan de stratégie générale, à un nombre minimum de quatre réunions du comité jusqu'à un plan d'action détaillé. La Flandre obtient d'excellents scores dans cette catégorie. À Bruxelles, on trouve autant d'hôpitaux avec des scores élevés que d'hôpitaux avec des scores bas. La moyenne des scores en Belgique est relativement élevée.
En ce qui concerne la catégorie des 'moyens', il y a 7 indicateurs qui concernent notamment le rapport entre le nombre effectif de médecins et leur nombre théorique, idem pour les infirmiers, le nombre d'heures ou de contacts de formation et le nombre de participants à ces formations. Bruxelles obtient ici des scores exceptionnellement élevés, suivie par la Wallonie. C'est toutefois le point faible des hôpitaux flamands.
Enfin, dans la troisième catégorie, celle des 'actions', nous avons 20 indicateurs dont 2 concernant la participation aux réunions, 11 indicateurs qui concernent la surveillance des infections et 7 indicateurs liés aux audits réalisés dans les hôpitaux. Il n'y a pourtant ici que 20 points à gagner, en sachant qu'une question ouverte y est incluse. Dans cette catégorie, les hôpitaux flamands ont obtenu des scores moyens à très élevés, mais c'est le point faible des hôpitaux wallons. Le score belge moyen est relativement bas.
Cependant, on ne pourra pas accuser les hôpitaux bruxellois et wallons d'être avares en solution hydro-alcoolique pour l'hygiène des mains. Avec une moyenne de 20 litres par millier de journées d'hospitalisation, Bruxelles obtient le score le plus élevé de 28 litres par millier de journées d'hospitalisation. Plus élevé que la Wallonie (20,8 litres) et bien plus élevé que la Flandre (18,3 litres).