Cancers de la gorge: une question d'expertise et d'interdisciplinarité
Le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) plaide ce matin pour que le cancer de la gorge ou du larynx ne soit traité que dans des hôpitaux disposant d'une équipe multidisciplinaire. La qualité de vie après l'élimination de la tumeur est d'ailleurs une question de travail d'équipe et de soins nécessaires comprenant également de la dentisterie, de la logopédie, des conseils nutritionnels et un soutien psychologique.
D'après les chiffres les plus récents, les cancers de la gorge et du larynx ont touché 871 personnes en 2012, principalement des hommes dans la soixantaine. Le tabac et l'alcool sont les principaux facteurs de risque et diminuent également les chances de guérison. Le pronostic des cancers de la gorge et du larynx est, en outre, assez mitigé, constate le KCE: après 5 ans, environ la moitié des patients est encore en vie.
Les cancers de la gorge et du larynx étant rares et complexes, ils doivent être pris en charge par des équipes multidisciplinaires comprenant des praticiens expérimentés, dans un hôpital spécialisé, estime le Centre.
Pour le Dr Joan Vlayen, responsable du projet, la concertation oncologique multidisciplinaire doit alors idéalement rassembler des chirurgiens maxillo-faciaux, des ORL, des radiothérapeutes, des oncologues, des anatomo-pathologistes et des radiologues. "Étant donné que ces cancers - et leurs traitements - donnent souvent lieu à des problèmes de déglutition et de phonation, et qu'ils peuvent laisser des séquelles visibles au niveau du visage et du cou (trachéotomie), ces équipes multidisciplinaires doivent également comprendre des dentistes, des logopèdes, des nutritionnistes et des psychologues. La contribution de ces spécialistes peut représenter une différence considérable en termes de qualité de vie du patient", affirme-t-il.
Les cancers de la gorge et du larynx sont actuellement traités dans n'importe quel hôpital parmi la centaine que compte notre pays. Le KCE plaide donc pour que "la prise en charge de tels cas soit limitée aux hôpitaux disposant en suffisance de toute la gamme d'expertises requises (ce que l'on appelle des centres de référence)". Ces centres pourraient travailler en réseau avec les hôpitaux périphériques, plus proches du domicile des patients, de manière à ce que ceux-ci puissent y recevoir les soins moins complexes.