Un peu de salive et un smartphone suffiraient pour détecter le diabète de type 2
Plus de deux millions de personnes âgées de 20 à 80 ans, le plus souvent en surpoids, décèdent chaque année des suites d'un diabète ou de ses complications, principalement un diabète de type 2 qui correspond à 90% des cas de diabète.
Lorsqu'il n'est pas diagnostiqué à temps, ce type de diabète, qui touche 9% des adultes, peut en effet provoquer des dommages importants au niveau du coeur, des reins, des vaisseaux sanguins, des yeux et des nerfs.
Plus de 80% des décès provoqués par le diabète de type 2 ont lieu dans les pays en développement car la prise en charge y est plus compliquée à mettre en oeuvre. En effet, les outils actuel de diagnostic et de mesure de la glycémie sont coûteux, et ne sont pas toujours largement diffusés.
Mais un nouveau dispositif mis au point par des chercheurs mexicains de la TEC de Monterrey, en partenariat avec une équipe américaine de l'Université de Houston, pourrait bientôt venir changer la donne. Destiné en premier lieu à améliorer la prévention chez les populations les plus défavorisées qui n'ont pas toujours accès aux soins, cet outil de dépistage est capable d'identifier avec efficacité et rapidité la présence du diabète de type 2 à partir d'un biomarqueur biologique, en l'occurrence un échantillon de salive.
Le système élaboré par des biologistes et des informaticiens se compose d'une mini cartouche contenant l'échantillon de salive, et qui s'insère dans le téléphone portable. A l'image d'un test de grossesse, si l'utilisateur souffre de diabète de type 2, un composé présent dans la salive réagit en devenant fluorescent, grâce à une réaction enzymatique et à un processus technologique appliqué à la biologie. Et le smartphone, doté d'un logiciel spécifique, est capable de lire en quelques secondes ce résultat positif.
Simple dans son principe et peu coûteuse, la méthode est d'autant plus appréciée qu'elle est aussi beaucoup moins invasive que les aiguilles traditionnellement utilisées pour mesurer la glycémie.
Toujours en phase de développement, cet appareil devrait être définitivement opérationnel dans deux ans. Le coordinateur du projet, le Dr Marco Antonio Rite Palomares, espère qu'il intéressera suffisamment les industriels de sorte qu'il puisse être produit à grande échelle et être ainsi facilement accessible aux pays à bas revenu.