Qualité
La presse généraliste a largement couvert le triste incident survenu à l'hôpital Jan Palfijn, où un chirurgien n'a pas tenu compte des checklists et a opéré un patient à la mauvaise jambe.
La condition essentielle pour éviter l'erreur professionnelle pour un prestataire de soin, c'est évidemment de passer tous les points de la liste en revue. En d'autres mots, le document doit être utilisé. Il est en outre important qu'un climat positif, axé sur la qualité, règne dans les dispositifs de soins et les services médicaux. Un environnement dynamique et un chef de service inspirant, voilà qui peut faire des miracles et donner d'excellents résultats. Les médecins doivent y être particulièrement attentifs.
Une bonne direction est cruciale à une époque où la qualité et les indicateurs de santé sont sur toutes les lèvres. Le contraire est également vrai. Des médecins dirigeants qui ne voient dans le document qu'illogisme, perte de temps et charge administrative, instaurent obligatoirement un climat négatif. Sans vouloir interférer avec l'enquête interne à Jan Palfijn, il semble que c'est bien à ce niveau que le bât a blessé : le chirurgien en question n'a tout simplement pas utilisé la checklist. Et ce n'était vraisemblablement pas la première fois.
Malgré cela, l'homme n'est pas particulièrement accablé par la presse. Seule l'image de l'hôpital semble être en jeu. Cependant, celui-ci ne dispose que de moyens limités pour faire pression sur les médecins-spécialistes dont la compétence s'avère douteuse. Le management peut certes conseiller l'utilisation de la checklist, mais il ne peut pas légalement l'imposer. De plus, en cas de comportement non professionnel à répétition, l'éviction d'un médecin constitue une procédure longue et difficile, à l'issue incertaine qui plus est. Les quelques fois où les hôpitaux s'y sont risqués, c'est souvent le médecin qui a gagné. Les directions hospitalières commettent évidemment elles aussi des erreurs et manquent souvent d'attention envers leurs médecins, mais il semble évident que le management et le conseil médical ne disposent que de peu de moyens de pression et de levier pour instaurer et maintenir un climat de soins de qualité au sein de l'hôpital.