Un robot de 2 millions pour le Laboratoire de microbiologie clinique du CHU de Liège
Le laboratoire de microbiologie clinique du CHU de Liège vient d'investir 2 millions d'euros en vue de faciliter son travail d'analyse et de tri des échantillons bactériologiques. Le but est de robotiser certaines tâches de laboratoire qui étaient fastidieuses, fatigantes et chronophages en manuel. D'un point de vue pratique, cette révolution technologique permettra également une meilleure qualité de résultats.
Jusqu'à maintenant, le laboratoire de microbiologie clinique du CHU travaillait 6 jours sur 7 avec une équipe qui comptait une dizaine de microbiologistes. Ceux-ci devaient effectuer un travail de traitement, de tri et de classement précis, compliqués et relativement urgents. Concrètement, la chaîne de manipulation des échantillons comprend plusieurs étapes spécifiques. Quand un patient souffre d'une maladie infectieuse, la première étape consiste à prélever un échantillon urinaire, cutané, d'expectoration, ou autres, selon les symptômes, avec l'objectif de déterminer le type de bactérie responsable de l'infection. Quand ces échantillons arrivent au laboratoire, les bactéries qu'ils contiennent doivent être mises en culture pour ensuite être analysées et associées à une pathologie précise. Pour ce faire, elles sont étalées sur une gélose avant d'être mises au chaud dans une boîte à température adaptées à leur développement. Durant plusieurs heures, elles se multiplient pour former une colonie, et permettre une analyse à plus grande échelle.
Le problème principal lié à ces manipulations réalisées en manuel concernait la durée de travail qu'elles engendraient. En effet, le CHU manipule un millier d'échantillons à trier, traiter et analyser chaque jour. La petite équipe scientifique responsable du laboratoire de microbiologie consacrait alors beaucoup de temps à des tâches peu valorisantes. Pierrette Melin, la cheffe du service explique qu'il devenait nécessaire d'accompagner son personnel d'un automate.Celui-ci va désormais reproduire, de façon automatisée, la plupart des étapes pratiques en assurant qu'aucune erreur d'étiquetage, par exemple, ne soit commise. De plus, ce nouveau robot va permettre une traçabilité informatique de tous les échantillons, ainsi qu'une période d'incubation précise et adaptée à chaque type de bactérie traitée. Enfin, le nouveau matériel pourra prendre des photos en haute définition des échantillons sous différentes lumières et à différentes étape de maturation. Toutes ces informations seront alors transmises au système informatique du laboratoire pour être analysées par le technicien microbiologiste dès le matin. Au final, les scientifiques pourront donc travailler avec des données plus précises, de meilleure qualité et traitées plus rapidement. "Nous pouvons ainsi gagner un jour de calendrier, ce qui est très important pour les patients et pour déterminer le traitement le mieux adapté", souligne Pierrette Melin.
Pour le personnel du laboratoire, le robot apportera une façon de travailler qui est plus valorisante en accordant plus de temps à des étapes pertinentes comme la lecture des résultats, qui demande plus d'expertise. "Cela va permettre un accroissement de productivité sans modifier l'équipe", assure-t-on.