Le SPF Santé veut soigner vos relations avec le patient
La ministre De Block et le SPF Santé publique ont lancé ce mercredi une nouvelle campagne de sensibilisation aux droits des patients, sous la forme notamment de vidéos adressées tant à ces derniers qu'aux prestataires de soins. On fera ici l'économie de commenter l'esthétique, le jeu d'acteur et le ton des films. Libre choix du soignant, accès au dossier médical, médiation... l'opération de com remémore les aspects légaux d'une relation professionnelle à baser avant tout sur la confiance et la collaboration.
Une ignorance tenace. Depuis l'instauration de la loi en 2002, les droits du patient restent globalement méconnus. Malgré la volonté collective d'améliorer les rapports entre les professionnels de la santé et leur patientèle. Ce constat a donc amené le SPF Santé publique à initier une toute nouvelle campagne, choisissant notamment pour outil pédagogique une série de petits films.
" Des séquences vidéo de 2 minutes seront mises en ligne sur la chaîne youtube du SPF. Elles illustreront concrètement chaque droit du patient, dans divers lieux et face à différents types de praticiens. Une vidéo spécifique abordera quant à elle la situation d'un patient dans l'incapacité d'exercer ses droits ", a expliqué Marie-Noëlle Verhaegen, chef de la cellule Droits du patient de l'administration fédérale.
On vous épargnera ici tout débat sur la facture de ces films même si l'approche infantilisante est susceptible d'en irriter plus d'un.
Ces vidéos seront en tout cas distribuées aux partenaires des soins de santé, à l'instar des mutualités, des associations de patients, des hôpitaux ou encore des médiateurs. Si elles présentent de manière positive les droits de chacun, elles rappellent également le devoir de collaboration du patient.
La relation soignant-soigné repose, puisqu'il faut encore le répéter, sur " le dialogue, la confiance et la collaboration afin d'éviter les malentendus et de renforcer la qualité des soins ", a souligné Marie-Noëlle Verhaegen. C'est ainsi que chaque film reprendra le slogan " dans une bonne relation, on sait ce que l'autre peut apporter ".
Maggie De Block focalisée sur le patient ?
La ministre de la Santé s'est dite extrêmement attentive à la place du patient, qu'elle souhaite au centre des soins mais aussi de sa politique. Maggie De Block a pour l'occasion insisté sur le libre choix du soignant. " Le lien entre le patient et le praticien est un lien de confiance. En tant que patient, vous devez vous sentir totalement à l'aise avec votre médecin généraliste, avec le spécialiste. Et inversement. Sans cette relation, cela ne fonctionne pas et, dans ce cas, le patient a le droit de changer de soignant à tout moment ", a-t-elle affirmé devant la presse.
Le patient doit aussi pouvoir consulter son dossier médical " soigneusement tenu à jour ". La ministre Open Vld a d'ailleurs relié ce point au plan d'action e-santé. " D'ici la fin de la législature, je veux un dossier informatisé pour chaque patient, à tous les niveaux de soins ".
Et si le patient observe des manquements, il doit naturellement disposer de recours tels que le dépôt d'une plainte auprès du médiateur. Mais cette possibilité risque de pâtir de la 6ème réforme de l'État puisque la compétence des services de médiation a été transférée aux Régions. " Je soulèverai la question en Conférence interministérielle de la Santé et nous prendrons avec mes collègues des entités fédérées des dispositions aussi rapidement que possible afin que garantir aux patients l'exercice de leurs droits partout et tout le temps ", s'est engagée Maggie De Block.
Représentativité
Enfin, la ministre De Block voulait évoquer les personnes de confiance qui défendent les intérêts de patients n'ayant pas la faculté d'exercer leurs droits. " Je veux donner le plus de voix dans les décisions de politique de santé. Les associations de patients et organisations coupoles jouent à ce sujet un rôle important ".
Depuis la fin du mois d'octobre, les quatre grandes associations de patients et d'entraide ont d'ailleurs leur mot à dire au sein du conseil d'administration du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE). " Les organisations connaissent ainsi les priorités du KCE et veillent à ce que le KCE serve les intérêts du patient ", a souligné la libérale flamande.
En 2016, Maggie De Block veut poursuivre sa lancée puisqu'elle entend ouvrir aux représentants de patients la Commission des médicaments modernisée de l'AFMPS.