Prothèse totale de hanche: la MC catalogue les hôpitaux au nom de la qualité des soins
Un hôpital n'est pas l'autre lorsque l'on examine les données relatives au placement de prothèses de hanche, ressort-il d'une étude présentée ce mercredi par la Mutualité chrétienne (MC). En soulignant les différences de qualité, l'organisme assureur entend offrir un outil de benchmarking afin d'améliorer, si nécessaire, les soins apportés.
Pour la première fois, après 24 années d'analyses, la Mutualité chrétienne publie ses données compilées en matière de placement d'une prothèse totale de hanche. " En communiquant ouvertement les résultats, nous souhaitons inciter les hôpitaux à relever le niveau global de qualité ", affirme Jean Hermesse, secrétaire général.
Rappelons que les groupes mutualistes ont aussi tout intérêt à suivre de près les pratiques hospitalières, ne serait-ce que par précaution financière puisque les patients sont souvent tentés de ne pas tenir compte des coûts à charge de l'assurance maladie.
Chaque année, 20.500 patients belges se font poser une prothèse de hanche. La MC a examiné 85.000 interventions depuis 1990 dans 84 hôpitaux en Belgique. Notre pays enregistre d'ailleurs de très bons résultats à l'échelon international: les patients ont 95 % de chances de la conserver plus de dix ans. Cependant, la survie du dispositif variera selon l'établissement où son placement a été effectué. Et il arrive qu'une nouvelle opération soit nécessaire.
Le taux de survie des prothèses et le risque de révision sont, a priori, des indicateurs sont simples: plus la survie est élevée et plus le risque est bas. Ce résultat démontre alors que tous les éléments des soins ont été organisés et fournis de façon optimale.
Ajoutons au passage que ces deux indicateurs demeurent très sensibles. Etant donné qu'il n'y a normalement pas beaucoup de révisions, quelques occurrences en plus ou en moins sur une décennie, font sensiblement varier l'indicateur, et ce d'autant plus significativement que les révisions sont précoces.
Evidemment, ces indicateurs subissent l'influence de la nature des patients qui se présentent à l'hôpital, a fortiori l'âge et le sexe. Même après correction des paramètres d'âge et de sexe, certains hôpitaux se distinguent encore nettement, de façon positive ou négative. Ainsi, un patient du CHU Mont-Godinne a près de trois fois plus de risques de révision de sa prothèse dans les dix ans que la moyenne. En revanche, à l'hôpital Notre-Dame de Lourdes de Waregem, le patient a près de trois fois moins de risques de voir sa prothèse remplacée, indique la MC.
Indicateurs parallèles
D'autres indicateurs affichent également des écarts en termes de qualité. Le premier a trait à la transfusion sanguine. " Même s'ils sont heureusement exceptionnels ", reconnaît la mutualité, cette pratique comporte des risques et nécessite une journée d'hospitalisation supplémentaire. Idéalement, le recours à la transfusion sanguine devrait donc être limité. Le taux de transfusion moyen belge se situait à 60% au tournant du siècle. De nos jours, " une transfusion sanguine est réalisée dans 17 % des interventions. Mais au CH Glorieux de Renaix, par exemple, ce taux atteint 56 % ", épingle l'étude.
Le second indicateur concerne la durée de séjour à l'hôpital. Cette durée générale et en service aigu a continué à diminuer au fil des années. Pour le placement d'une prothèse totale de hanche, l'hospitalisation court sur 7 jours en moyenne. Mais elle varie selon les hôpitaux de 5 à... 24 jours.
Le dernier indicateur concerne l'admission aux soins intensifs durant le séjour hospitalier. Le risque d'être admis aux soins intensifs s'élève en moyenne à 8%. Il atteint 82% à l'hôpital de Furnes, met en avant la MC.
Recommandations
En substance, la Mutualité chrétienne lance un appel aux médecins pour qu'ils complètent correctement le Registre de la hanche, et pour qu'ils suivent les différents paramètres de qualité. Un appel également aux hôpitaux pour qu'ils communiquent leurs résultats en toute transparence mais aussi élaborent un plan d'amélioration pour les points où ils obtiennent de moins bons résultats.
Libre à chaque acteur du système de soins d'interpréter les résultats présentés en fonction de ses propres objectifs et attentes.
Article détaillé dans le jdM de ce vendredi 11 décembre