Le gouvernement renonce à sanctionner les malades de longue durée

Le gouvernement fédéral a approuvé mardi l'avis du "Groupe des 10" à propos de la réintégration professionnelle des malades de longue durée. Début décembre, les partenaires sociaux se sont écartés de la proposition de l'exécutif qui voulait sanctionner les travailleurs refusant le trajet de réintégration proposé.
Les travailleurs malades ont coûté cette année plus aux autorités que les chômeurs, a révèlé samedi De Tijd. Si l'on ne tient pas compte de régimes spéciaux comme le congé de maternité, la facture pour les congés maladie s'élève en 2015 à 6,4 milliards d'euros, alors que celle des allocations de chômage a baissé à 5,7 milliards d'euros. C'est dire la motivation du gouvernement que la concertation sociale aboutisse à des mesures de fond, sanctions à l'appui pour les récalcitrants.
Le gouvernement avait prévu que les personnes refusant le trajet de réintégration proposé perdent 10% de leur allocation. Le Groupe des 10 n'a pas repris ce point dans son accord et a préféré miser sur le caractère volontaire de la réinsertion. Les différents partenaires de la majorité n'étaient pas sur la même longueur d'ondes: l'Open Vld et surtout la N-VA souhaitaient conserver le caractère contraignant de la réintégration alors que le CD&V privilégiait la mise en oeuvre totale de l'accord des partenaires sociaux.
Cette ligne l'a finalement emporté.
"Notre approche de ce dossier est positive et nous voulons aider, par un accompagnement individuel, les malades de longue durée encore aptes au travail à trouver un emploi adapté. Il s'agit d'une question de capacité de travail et non pas d'incapacité de travail", a expliqué la ministre de la Santé, Maggie De Block (Open Vld).
La ministre libérale se dit convaincue que "les personnes encore aptes au travail souhaitent aussi reprendre des activités professionnelles". "Nous laissons évidemment tranquilles les personnes qui ne peuvent plus travailler", a-t-elle ajouté.
L'idée de responsabilisation n'est pas abandonnée pour autant. De nouvelles propositions seront formulées par les ministres compétents. Elles seront discutées avec les partenaires sociaux. Une évaluation est attendue l'été prochain.
Le partenaire nationaliste de coalition s'est montré satisfait de l'accord. Le député Jan Spooren (N-VA) a déclaré que l'essentiel demeurait le rendement budgétaire. "Cela signifie une économie de 56 à 100 millions d'euros en 2016, pour grimper à 500 millions en 2018."
Du côté mutuelles, Solidaris a " salué salue la décision prise par le Gouvernement fédéral de renoncer à un dispositif de sanction pour les malades en incapacité de travail ".
Selon MM. Jadot et Labille, président et secrétaire général respectivement de la Mutualité socialiste, " ce choix est celui de la raison. Il acte l'utilité de l'action que les mutualités et les syndicats ont entreprise au cours de ces derniers mois. Cette décision marque en effet la prise en compte par le Gouvernement de la voix des acteurs de terrain qui connaissent bien les difficultés que rencontrent les citoyens ".