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Septicémie : des cellules souches pour restaurer les capacités musculaires

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Réponse inflammatoire généralisée de l'organisme en réaction à une infection sévère, la septicémie, également appelée sepsis, touche 28 millions de personnes dans le monde et provoque 8 millions de décès chaque année. Dans les pays industrialisés, elle fait autant de victimes que l'infarctus du myocarde. Et d'ici cinquante ans, le nombre de cas pourrait doubler en raison du vieillissement de la population.

Luc Ruidant - 19 janvier 2016

Néanmoins, grâce aux progrès de la médecine et notamment de la réanimation, la mortalité liée au sepsis diminue. Mais les patients qui survivent présentent de graves séquelles, entre autres neurologiques et musculaires, qui les handicapent lourdement et les empêchent durablement de retrouver une vie active normale.

Dans ce contexte, la recherche de pistes thérapeutiques constitue un enjeu majeur de santé publique. C'est pourquoi des chercheurs français ont eu recours à une thérapie cellulaire innovante.

Ils se sont d'abord attelés à comprendre la perte notable des capacités musculaires observée chez les patients. En étudiant des souris souffrant de septicémie, ils ont observé des dégâts dans les cellules souches - dites cellules satellites - à l'origine des muscles des membres notamment. Plus précisément, ils ont remarqué qu'à l'intérieur de ces cellules, la masse des mitochondries - petits organites chargés de fournir l'énergie indispensable à toute activité cellulaire - chute drastiquement.

Les scientifiques ont ensuite constaté que les quelque mitochondries subsistant dans les cellules satellites leur permettaient tout juste de maintenir un fonctionnement minimal de survie, mais n'étaient pas suffisantes pour assurer leur division et leur différenciation en cellules musculaires fonctionnelles. Cette atteinte, précoce et durable, empêche l'organisme de restaurer les fonctions musculaires.

Ces observations ont amené les chercheurs à envisager le recours à la greffe de cellules souches dites mésenchymateuses (CSM). Aisément cultivables en laboratoire, ces cellules sont connues pour leurs propriétés immuno-modulatrices, ce qui en fait d'excellentes candidates à la greffe dans le cadre de thérapies cellulaires visant à réparer des lésions d'origine dégénérative ou traumatique.

Les auteurs de ce travail ont ainsi pu montrer, sur un modèle murin, qu'une greffe de CSM, effectuée directement après un choc septique au niveau intramusculaire, permet de diminuer le niveau d'inflammation globale et les symptômes associés (fièvre, atonie, circulation des cytokines, etc.).

Une analyse histologique après la greffe a révélé que les CSM viennent épauler les cellules souches en manque d'énergie, sans s'y substituer. Ensuite, alors que la greffe permet de restaurer pleinement les dysfonctions mitochondriales et les capacités métaboliques et de division des cellules satellites, il semblerait que les CSM, une fois leur tâche effectuée, sont éliminées par l'organisme.

Après ces premiers résultats encourageants, les chercheurs espèrent pouvoir tester rapidement l'efficacité de leur thérapie cellulaire chez l'Homme.

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