2016 nous voilà

Crise des migrants, lutte contre l'État islamique, montée des populismes, bulle financière chinoise, croissance économique européenne raplapla, chômage wallon et bruxellois encore important, absence d'horizon énergétique, contre-attaque institutionnelle de la N-VA : si l'on s'en tient à la bouteille à moitié vide, 2016 pourrait être pire que 2015.
Au plan médical, elle a mal commencé avec l'agression au cabinet d'un cardiologue carolorégien de son épouse, menacée par un homme brandissant un coupe-papier et réclamant de l'argent. La réponse des pouvoirs publics sera-t-elle à la hauteur ?
Certains en doutent. À tel point qu'au nord du pays (et plus précisément en Flandre occidentale), les amis et héritiers spirituels du Dr Patrik Roelandt, trop vite arraché aux siens des oeuvres d'un patient déséquilibré, ont créé un groupe de pression visant à obliger les pouvoirs publics à réagir et pressant le monde médical de ne pas oublier (lire ci-contre). Car des affiches et des campagnes de sensibilisation ne font guère peur aux criminels pointe non sans ironie le Dr Ralph Pacqueu à l'origine de l'initiative.
On l'oublie souvent mais le droit à la sécurité est un des Droits de l'homme. Or, on l'a déjà dit : le médecin est un citoyen particulièrement exposé puisqu'il est censé soigner de manière indifférenciée tous les patients qui se présentent quel que soit leur profil psychologique...
Mais tout ne sera pas noir cette année. Au rayon politique professionnelle, on mentionnera l'arrêté royal allégeant les conditions pour les médecins généralistes sans pratique traditionnelle (médecine scolaire, planning familial) de conserver leur agrément. Saluons aussi la réponse virile de la ministre De Block aux velléités de Bart De Wever d'encore couper dans les dépenses de sécurité sociale.
On croise les doigts pour que l'épreuve de sélection en fin de 1er Bac ne soit pas cassée par une quelconque action au conseil d'État ou même devant la Cour constitutionnelle (page 3). L'épreuve, élaborée dans les têtes pleines d'imagination des conseillers de Jean-Claude Marcourt, aurait subi tous les crash-tests nécessaires et serait bétonnée. Les numéros Inami devraient donc être accordés comme prévu pour tous les étudiants en cours d'étude. Déjà, les mutuelles (page 8) pleurent pour trouver des médecins-conseils... La double cohorte de 2018 pourrait aider à combler les manques...
Bref, l'année 2016 sera à l'image de ce que nous en ferons.