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Traumatisme crânien: le test de la protéine S100 B une alternative pour limiter les scanners (KCE)

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Mesurer le taux de protéine S100 B dans le sang d'une personne après qu'elle a subi un traumatisme crânien léger peut être utile pour exclure l'existence d'une lésion cérébrale chez ce patient et ainsi lui éviter de subir un CT-scan. Toutefois, pour être réellement bénéfique, le test sanguin doit être appliqué selon des conditions strictes et dans des cas précis, conclut le Centre d'expertise des soins de santé (KCE) dans un rapport publié jeudi.

D'après communiqué - 29 janvier 2016

Une grande majorité des traumatismes crâniens qui surviennent en Belgique sont des traumatismes légers. Ceux-ci présentent un risque faible mais réel de complications graves sous la forme d'une lésion cérébrale. Pour s'assurer que le cerveau n'est pas touché, le patient est donc souvent invité, par précaution, à passer un scanner (CT-scan), indique le KCE. Mais cet examen a des inconvénients non-négligeables: il coûte cher et expose le patient à une irradiation importante, qu'il vaut mieux éviter si une alternative existe.

Au rayon des alternatives pour ce qui est de la détection d'une éventuelle lésion cérébrale après un traumatisme crânien léger, le KCE s'est justement penché sur un test sanguin intéressant, le test de la protéine S100 B. "Lors d'une lésion cérébrale, cette protéine, habituellement contenue dans certains tissus nerveux du cerveau, est libérée dans le sang", explique le KCE. Si on ne la détecte pas dans le sang du patient, on pourrait donc écarter l'hypothèse d'une lésion cérébrale.

Le KCE a analysé l'ensemble des études scientifiques sur le sujet, et a conclu que le test peut être utile dans cette optique, à certaines conditions. Ainsi, il n'offre pas de conclusions suffisamment fiables pour certaines catégories de patients, pour lesquels il n'est donc pas recommandé: "les patients polytraumatisés ou présentant des signes de fracture du crâne, les enfants et les personnes âgées de plus de 65 ans, les patients sous anticoagulants et ceux présentant des symptômes nécessitant un suivi actif".

Le test doit également impérativement "s'intégrer dans une approche par étapes", indique le KCE. Il n'est pas question d'en faire un test systématique de routine à appliquer à tous les patients des urgences, par exemple. Après une "évaluation clinique standardisée, basée sur les symptômes du patient (vomissements, pertes de mémoire...) et les circonstances du traumatisme (certains types de chocs étant plus traumatiques que d'autres)", on peut déjà écarter une série de patients qui présentent un risque quasi-nul de lésion. "Dans les cas qui restent incertains, le test S100 B, à réaliser dans les six heures après le traumatisme, pourrait alors faire pencher la balance pour ou contre le CT-scan, qui ne serait plus utilisé qu'en dernier recours", dans le cas ou le test sanguin n'exclut pas la lésion. "Dans ces conditions, le test permettrait de diminuer le nombre de scanners sans prendre de risques pour les patients", conclut le KCE.

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