Jurisprudence : Une patiente qui s'automédique a un devoir de collaboration avec son médecin
Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a acquitté lundi deux médecins généralistes, poursuivis pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution à la suite du décès d'une patiente, le 19 février 2014 à la clinique d'Ottignies. Le tribunal estime qu'une faute des deux médecins n'est pas prouvée. La patiente devait être pleinement consciente des risques pris en s'auto-médicant. Le jugement souligne que si les médecins ont une obligation d'information, les patients ont un devoir de collaboration.
La fille de la défunte avait déposé plainte contre les médecins avant le décès de sa mère, constatant que celle-ci prenait un médicament auquel elle était pourtant déclarée allergique. Des examens ultérieurs ont confirmé que le décès de la patiente par insuffisance respiratoire était en lien avec la prise de longue durée de ce médicament. Il s'agissait d'un médicament destiné à traiter des infections urinaires chroniques. Le médecin traitant de la dame, après avoir découvert cette allergie de la patiente, avait prescrit un autre traitement. Mais celui-ci ne fonctionnait pas bien. En juin 2013, le médecin avait prescrit à nouveau le médicament litigieux, pour cinq jours uniquement et cette restriction figurait dans la prescription.
A la suite d'un congé de maternité de la première doctoresse, la patiente avait consulté une de ses consoeurs sans l'informer précisément de cette allergie. Lorsqu'un autre traitement lui a été proposé, elle ne l'a pas pris, sans le dire au nouveau médecin, et a obtenu une nouvelle prescription du médicament litigieux.