Lemye à propos du tabagisme au domicile : " Je ne veux pas d'un état policier "
Roland Lemye, vice-président de l'Absym et président des Chambres syndicales Hainaut-Namur-Brabant wallon, a sollicité en début de semaine Le Soir pour la publication d'une carte blanche dans laquelle il proposait l'interdiction du tabac au domicile en présence des enfants, comparant l'imposition d'une atmosphère enfumée à de la maltraitance. Devant certaines réactions outragées, il précise qu'il n'est pas partisan d'un état policier. Mais " imaginer que l'on va envoyer une armée d'inquisiteurs perquisitionner tous les domiciles des parents tient du fantasme destiné à effrayer suffisamment l'opinion publique pour continuer à ne rien faire ".
Le Dr Roland Lemye donne rarement des conseils de santé publique mais lundi dernier, il proposait au Soir une carte blanche relative à la pratique tabagique au domicile en présence d'enfants. Dans cette optique, écrivait-il, "les enfants doivent, dès leur plus jeune âge, vivre dans un environnement sans tabac, c'est-à-dire, sans fumée et déchets tabagiques et sans qu'aucun message publicitaire ou autre ne donne jamais autour d'eux une image positive du tabac".
La première étape devrait être, selon l'ancien président de l'Absym, "d'introduire dans les droits des enfants, le droit de vivre dans un environnement sans tabac. Dès lors, ce droit s'étendra naturellement à la sphère privée, dans chaque maison, la pièce commune et la chambre de l'enfant, ou au moins la chambre où il dort, doivent être exemptes de toute fumée de tabac. Il en va de même de la voiture dans laquelle l'enfant est transporté".
Lemye proposait d'utiliser " la horde d'assistantes sociales " pour surveiller la situation.
Toutefois, la presse grand public a, selon le généraliste de Courcelles, " interprété la proposition contenue dans la carte blanche (qui n'a d'ailleurs pas été publiée) comme si je voulais introduire un état policier au sein de la sphère privée avec interdictions, peines et contrôles. Cette interprétation amène inutilement une levée de boucliers qui risque d'être préjudiciable au but recherché. Tout en étant personnellement un défenseur acharné des droits individuels et du Droit des patients en particulier, je dois admettre que droits et libertés ne peuvent pas s'exercer au détriment d'autrui même dans la sphère privée".
Droits des enfants
Il réitère l'idée qu'une législation inscrite dans le droit des enfants à vivre dans un environnement sans fumée de tabac "donnerait une base solide à tout effort pédagogique ou persuasif entrepris par les assistantes sociales, les infirmières, les médecins généralistes et tous les prestataires de soins qui fréquentent le domicile".
Imaginer, dit-il, que l'on va envoyer une armée d'inquisiteurs perquisitionner tous les domiciles des parents "tient du fantasme destiné à effrayer suffisamment l'opinion publique pour continuer à ne rien faire".