Psychiatrie légale: une nouvelle unité de soins adaptée aux femmes internées
La ministre de la Santé publique et son homologue de la Justice ont présenté ce mercredi une nouvelle unité de soins dédiée aux femmes internées. Les premières patientes pourront être transférées en mai prochain dans cette section du Centre psychiatrique Sint-Jan-Baptist.
D'un côté, Maggie De Block, qui entend socialiser les soins de santé mentale au cours de cette législature. De l'autre, Koen Geens, qui s'est simultanément engagé à faire sortir tous les internés de nos prisons. Dans cet ordre d'idée, les deux ministres ont annoncé ce mercredi l'ouvertue d'une unité de traitement pour les femmes internées dans le centre Sint-Jan-Baptist de Zelzate, en périphérie gantoise. Ce service de psychiatrie légale pourra accueillir une vingtaine de patientes dites à haut risque de récidive. 25 prestataires de soins spécialisés travailleront dans le département au total: 10 membres du personnel actuel et 15 nouveaux collègues.
Inutile de rappeler que la qualité des soins apportés en milieu pénitentiaire demeure discutable, en particulier pour les troubles psychiatriques. Cette section a donc été adaptée au profil caractéristique des détenues. " Des soins conformes à la dignité humaine dans un environnement adapté sont essentiels pour nos patientes. Le centre de Zelzate collaborera avec d'autres centres en vue du passage de ces patientes à haut risque vers des établissements de soins pour patients à risque moyen, à risque faible ou du secteur classique ", s'est félicitée la ministre de la Santé.
Coût/qualité
Le développement d'un réseau légal de soins psychiatriques est une condition sine qua non lorsqu'on poursuit comme objectif la réinsertion dans la société de personnes internées. Cette section légale réservée aux femmes vient ainsi tenter de renforcer les six centres psychiatriques belges.
Les ministères se partageront la charge financière de cette nouvelle infrastructure. La Santé publique libèrera annuellement 1,05 million d'euros pour le personnel de soins supplémentaires tandis que la Justice couvrira les quelque 400.000 euros de sécurisation renforcée du cadre hospitalier.
" La semaine prochaine, les auditions sur la loi relative à l'internement des personnes débuteront. La loi devrait être approuvée au Parlement d'ici avril 2016. La personne internée disposera alors finalement d'un statut juridique ", prévoit le ministre de la Justice.