Le remboursement du test prénatal non invasif pour la trisomie réexaminé
Le remboursement du test prénatal non invasif (NIPT) qui vise à détecter notamment la trisomie 21 chez le foetus est toujours à l'étude, a appris l'agence Belga auprès de différentes sources, dont l'Inami et le cabinet de la ministre de la Santé publique. Le dossier était sur le point d'être clos début 2016. On était proche d'un accord en vue d'un remboursement des personnes à risque, mais le Conseil Technique Médical de l'Inami réexamine le dossier à la suite de l'arrivée sur le marché d'un nouveau test NIPT, simplifié mais aussi moins onéreux.
Le test actuel, qui n'est pas remboursé par la Sécurité sociale, coûte pour l'instant environ 370 euros contre 450 euros en 2014. Il examine l'ensemble des chromosomes et permet de détecter la trisomie 21 (syndrome de Down) mais aussi les trisomies 13 et 18, ainsi que d'autres anomalies. Ce test prénatal non invasif de la trisomie 21 est fiable à 99% mais n'est actuellement pas remboursé par la Sécurité sociale, en raison de son coût. Seules certaines mutuelles interviennent partiellement dans les frais pour des groupes cibles.
Selon la procédure actuelle, un test combiné est d'abord réalisé (échographie et analyse biochimique après une prise de sang). Lorsque le risque est jugé élevé, un test invasif (amniocentèse ou une biopsie de villosités choriales) est alors pratiqué. Mais un quart des foetus porteurs de la T21 ne sont pas identifiés par le test combiné. Et pour le test invasif, il existe un risque de fausse-couche (entre 0,5 et 1%).
Le nouveau test NIPT sur lequel se penche actuellement le Conseil technique médical de l'Inami est moins cher que le premier, coûtant environ 150 euros, mais il est aussi moins complet, ne décelant que la trisomie 21. Il est proposé en Belgique par une société flamande alors que le premier test NIPT est réalisé par des centres de génétique.
Le CTM de l'Inami devra déterminer si la baisse du coût des tests pourrait permettre un élargissement du groupe cible. "Un de nos objectifs est bien entendu de pouvoir élargir autant que possible le groupe cible, sur base des recommandations scientifiques et des conditions budgétaires", indique l'Inami. L'an dernier, l'Inami avait émis une proposition de remboursements de 10.000 tests par an.
Les mutualités socialistes, qui interviennent partiellement dans le remboursement du test pour les membres qui font partie des groupes à risque, insistent sur l'importance de ne pas favoriser une médecine à deux vitesses.
En 2014, le Centre fédéral d'expertise des soins de santé plaidait pour une baisse du prix du test NIPT afin de pouvoir réaliser ce test "en première ligne", soit au lieu de la procédure actuelle, et en vue de son remboursement. Mais il notait qu'un remboursement "en deuxième ligne", donc uniquement en cas de risque accru, serait déjà "une amélioration majeure", car cela induirait une forte baisse des tests invasifs.
Pour l'Institut de Pathologie et de Génétique, qui est basé à Gosselies, les tests NIPT qu'il propose et le nouveau test sont complémentaires. On ne cache pas que le coût actuel des tests constitue un frein dans la détection de trisomies mais on souligne l'utilité des tests complets pour des groupes à risque, comme les femmes enceintes âgées de plus de 40 ans ou celles de plus de 35 ans qui ont recours à la fécondation in vitro.
L'IPG, qui est le premier centre de génétique belge francophone à réaliser les tests NIPT de la trisomie 21, effectue actuellement 200 tests par mois, contre 50 à ses débuts en mai 2014. Si le nombre de ce type de tests a augmenté fortement en 2014, il a tendance à se stabiliser ces derniers mois au sein de l'IPG.
Dans les cinq centres flamands de génétique (deux à Anvers, un à Bruxelles, un à Gand et un à Louvain), quelque 20.400 tests NIPT ont été réalisés en 2015, selon des données collectées par l'agence Belga. La KUL était pionnière, avec des centres allemands, en la matière en Europe, proposant le test NIPT dès 2013. Notons qu'il est difficile de connaître le nombre de femmes belges ayant recours au test NIPT, bon nombre de Néerlandaises réalisant par exemple des tests en Flandre tandis que des hôpitaux belges comme celui de Brugmann travaillent avec des laboratoires sous-traitants étrangers. L'Inami ne dispose pas de chiffres, le test prénatal non invasif n'étant pas encore repris dans la nomenclature des prestations de santé. Et les centres de génétique belges ne compilent pas leurs données.