Le non-remboursement d'un traitement contre la fibrose "n'est pas immuable"
De nouvelles études sont réalisées de manière constante, il est donc possible que la Commission de remboursement des médicaments (CRM) revoie son avis relatif à un traitement contre la fibrose pulmonaire, indique le cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block vendredi. L'Ofev, le médicament en question, n'est remboursé que si le patient a arrêté de fumer depuis six mois. Rappelons que le tabagisme est, de l'avis de la firme pharmaceutique, contrindiqué.
"La ministre a décidé de suivre l'avis de la CRM sur base des études existantes. Mais si les pneumologues ont des preuves que le traitement est aussi efficace sur les fumeurs, qu'ils envoient leur dossier pour que l'avis soit éventuellement revu par la Commission", a indiqué la porte-parole de Maggie de Block, Els Cleemput.
Selon elle, l'intention de la CRM (organe consultatif au sein de l'Inami) n'est clairement pas de conditionner le remboursement à un style de vie. Pour Maggie de Block, il faut être "très prudent" sur cette question délicate.
La conclusion actuelle de la CRM fait état d'une moindre efficacité du traitement lorsque le patient continue à fumer, indique Els Cleemput. La firme pharmaceutique qui développe l'Ofev le dit également sur son site internet.
Des voix se sont élevées cette semaine pour dénoncer l'avis de la CRM. Certains pneumologues affirment qu'il n'y aurait pas d'argument scientifique montrant une moindre efficacité de l'Ofev - qui coûte quelque 30.000 euros par patient et par an - sur des patients fumeurs.
Pour être remboursé, le patient subit un test urinaire qui doit être négatif à la nicotine. Il ne peut donc pas non plus consommer de patchs ou de chewing-gums à la nicotine. "Des tests respiratoires réguliers sont une alternative", répond le cabinet de la ministre De Block.
Environ 1.000 patients sont atteints en Belgique de cette infection pulmonaire. Sans traitement, leur espérance de vie est de 3 à 5 ans.